Lorsque j’allais à École le dimanche, j’avais un pasteur qui était un fabuleux narrateur. Et lorsque nous en étions aux plaies d’Égypte dans l’Exode (7–12), je me demandais toujours, pourquoi fallait-il tant de plaies pour que le Pharaon fléchisse.
Quelques décennies plus tard, nous en sommes là. Depuis cet été, nous avons connu les plaies de la canicule interminable, des incendies ravageurs, de la sécheresse mortifère pour nos agricultures, de la fermeture du détroit d’Ormuz, de notre dépendance énergétique aux populistes belliqueux, russes ou américains qui percutent tous nos frais de déplacement, des réserves de fioul ou gaz à remplir avec une facture exorbitante, etc.

Et pourtant, alors qu’il est avéré, démontré scientifiquement, prouvé par le GIEC que tout cela vient du changement climatique, nous en sommes toujours à des solutions sparadrap, des petites avancées et des grands reculs (du backslash), des grands cris, certainement comme ceux du peuple égyptien face au fleuve rouge, face aux grenouilles, à la grêle ou la peste. Nous en sommes à discuter de mesurettes coûteuses qui remettent une pièce dans la machine à carboner en subventionnant chichement les déplacements des gros rouleurs. Il serait pourtant urgentissime (voire tardif) de passer massivement en mode électrification, d’adopter donc le véhicule électrique grâce au leasing social, de chauffer cet hiver autrement nos logements collectifs et de refroidir l’été prochain les salles de classe de nos enfants et petits-enfants, de repenser les lieux de travail et les ateliers, de verdir nos cités…
Nous le savons, ils, ceux qui décident le savent, comme certainement Pharaon savait qu’il était illégitime de maintenir les Hébreux en esclavage. Faudra-t-il en arriver à la 10e plaie pour que nous nous rendions à l’évidence ? « Let my people go ! »
