Ils sont les oubliés des commémorations phocéennes. Pendant le Guerre de 14/18, la couronne britannique envoya au front des soldats mobilisés en Indes. Près de 100 000 soldats et officiers originaires du sous-continent indien ont combattu sur le territoire français aux côtés des alliés. L’association Les Comptoirs de l’Inde fait revivre cette page d’histoire enfouie.
Le rôle de ces soldats a été notamment très important dans les combats qui se sont déroulés dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais. Le corps d’armée indien débarque en France le 26 septembre 1914 à Marseille et séjourne au parc Borély, sur l’Hippodrome, à la Valentine et à la Barasse… avant d’être acheminé en train jusqu’à Saint-Omer, où il arrive le 26 octobre.

De 1914 à 1918 des camps s’installent donc à Borély, à la Valentine et la Barrasse. Un campement s’installe notamment le long de l’actuel boulevard Sainte-Anne appelé à cette période « boulevard du Camp des Hindous ». Il devient un sujet de promenade pour la population qui vient voir les soldats de l’armée britannique des Indes avec ses lanciers du Bengale et ses sikhs enturbannés. Ces troupes sont ravitaillées par la Joliette en chèvres pour les soldats ne mangeant pas de porc et des milliers de barriques d’eau du Gange sont envoyées pour les ablutions rituelles des bouddhistes !
Ces soldats indiens, qui n’étaient pas préparés à ce type de guerre sous un climat froid et sur un terrain inconnu, vont livrer des combats acharnés. Près de 10 000 soldats indiens seront tués en France durant la guerre 14–18. 994 hindous seront enterrés à Marseille au Cimetière militaire britannique de Mazargues. Ce cimetière britannique est administré par la Commonwealth war grave commission basée en Grande-Bretagne et fondée grâce aux pays du Commonwealth. Il regroupe 1 765 tombes, dont 1 487 correspondent à des morts de la guerre de 1914–1918, 267 à la guerre de 1939–1945 et 11 à des aviateurs qui se sont écrasés dans les collines de Marseilleveyre, près de Marseille, alors qu’ils revenaient d’Italie après la fin de la guerre.
Rédigé pour Gomet’ et publié le 10 février 2025
