Le journaliste : déblog'notes

Chiffres régionaux de l’ISF : Marseille ville pauvre ? Une légende… tenace et fictive

par | 11 novembre 2017

L’argument de la pau­vre­té de Marseille est l’alibi de toutes les démis­sions, pour nos édiles ou de tous les mépris (pour la maire d’Aix par exemple). Mais c’est un leurre. Les chiffres de l’impôt sur la for­tune publiés par le Figaro, les der­niers dont nous dis­po­se­rons*, sont à cet égard parlants.

Nous avons 3 898 per­sonnes assu­jet­ties à cet impôt. Elles ont à Marseille en moyenne un patri­moine impo­sable de 2,7 mil­lions d’euros. Aix en Provence affiche 1 931 for­tunes avec un patri­moine identique.

La Côte d’Azur, qui a la répu­ta­tion d’un para­dis des for­tu­nés, arrive loin der­rière. 3 000 per­sonnes paient l’ISF à Nice, 1 500 à Cannes, un mil­lier à Antibes.

Arrêtons donc de faire croire à la « pau­vre­té » de la Cité pho­céenne pour jus­ti­fier l’impuissance de nos poli­tiques locales. La véri­té est que Marseille a retrou­vé sa richesse et ses for­tunes. Je ne crois pas à la « théo­rie du ruis­sel­le­ment », mais la pré­sence de per­sonnes ayant dépas­sé le seuil de l’ISF démontre un dyna­misme éco­no­mique évident.

Par contre, si Marseille a su rega­gner une classe aisée, même très aisée, elle a gar­dé ses pauvres et la cité bat les records régio­naux de taux de pau­vre­té. Les chiffres montrent ain­si cruel­le­ment que l’alibi de la pau­vre­té n’est que le cache-sexe de poli­tiques d’exclusions,

Ce que le socio­logue mar­seillais André Donzel** (dont je ne par­tage pas toutes les ana­lyses) a mis en lumière à de nom­breuses reprises avec jus­tesse avec le concept de « métro­pole duale » : « Marseille, dit-il, c’est d’abord une ville inéga­li­taire où il y a beau­coup de riches, une ville qui est en train de renouer avec sa stra­ti­fi­ca­tion sociale du XIXe siècle. Cela devrait appe­ler plus de régu­la­tions ». Donc une poli­tique de mobi­li­té, de construc­tion, d’urbanisme qui s’attaque à ce fos­sé qui se creuse dans notre métropole.

*L’an pro­chain, nous aurons les for­tunes immo­bi­lières et il sera inté­res­sant de com­pa­rer les scores avec ceux de cette année. Nos for­tunes pho­céennes sont-elles ren­tières ou entre­pre­neu­riales. Réponse l’an prochain !

** https://metropoles.revues.org/5134