Le journaliste : déblog'notes

Fermez les temples, ouvrez les maisons !

par | 27 avril 2026

Le pro­tes­tan­tisme réfor­mé n’en finit pas de recu­ler à petits pas dans la France profonde.

Si dans les métro­poles des temples font salles pleines avec orga­niste, cho­rale, pas­teurs, et pré­di­ca­tions domi­ni­cales, la déser­ti­fi­ca­tion est cruelle y com­pris dans des terres comme le Gard qui furent des refuges du pro­tes­tan­tisme historique.

Un seul exemple dans mon consis­toire il n’y a plus qu’un demi-pasteur. Le chal­lenge est d’as­su­rer les obsèques et d’as­sem­blée géné­rale en assem­blée géné­rale, on regrette le beau temps pas­sé en espé­rant qu’il revien­dra, une nos­tal­gie démen­tie par un fait maté­riel, chaque année nous avons une année de plus. Inexorable et déprimant.

On espère la nomi­na­tion d’un pas­teur, on décompte les suf­fra­gants, on subo­dore les voca­tions tout en sachant que ce monde est révolu.

Or plu­tôt que d’a­van­cer en marche arrière vers le désert, nous ferions peut-être mieux de nous ins­pi­rer de l’Église pri­mi­tive puisque cette situa­tion d’é­glise mino­ri­sée n’est pas nou­velle dans l’histoire du christianisme.

La construc­tion des églises nous vient de Constantin (272–337) ; long­temps les chré­tiens se sont reçus les uns chez les autres. Ceux qui avaient une salle haute, qui pou­vaient rece­voir, accueillaient chez eux la com­mu­nau­té pour entendre un pré­di­ca­teur iti­né­rant, par­ta­ger la parole, le pain et le vin.

Si nous reve­nions à cette sim­pli­ci­té toute biblique, si nous ouvrions les portes cade­nas­sées, nous arrê­te­rions de trans­for­mer de bons théo­lo­giens en ges­tion­naires de biens immo­bi­liers, nous ne pose­rions plus la ques­tion des murs, mais celle des paroles que nous échan­geons et comme le grain de séne­vé nous pour­rions mou­rir pour grandir.

Article rédi­gé pour l’Œil de Réforme 

Partager