La chasse est ouverte pour trouver 40 milliards dans notre budget, le concours Lépine du buzz médiatique, sans se préoccuper de ce qu’il y a derrière : le législateur. Les niches ne sont que des politiques publiques qui jouent du levier fiscal pour inciter au bien commun. En supprimer une, sans faire aucun bilan chiffré, argumenté, mesuré, relève de la démagogie. Exemples…
Les premières victimes furent les autoentrepreneurs, des privilégiés, les servants de nos achats en ligne. 250 000 devaient être impactés par la TVA. Pas un ministre, du premier au sous-secrétaire d’état, pas un élu s n’avait compris qu’il y avait 250 000 familles, qui vivent chichement du labeur de ces prolétaires du XXIe siècle. Le tollé eut raison de cet éclair de génie.
Vint ensuite, le ministre de l’Économie qui découvre que l’on triche dans son ministère. Maprim’rénov serait la couverture d’un vaste hold-up. Mais que n’a-t-il mobilisé les 135 000 agents de son ministère ? Non, d’un trait de plume, il déstabilise le travail de milliers de plaquistes, de couvreurs, de maçons, de peintres, d’électriciens, de plombiers, qui ont investi dans la formation, la qualification, l’acquisition de labels. Des voleurs potentiels ? Des gens qui bossent et que l’on soumet au yoyo de décisions illisibles.

Dernier exemple, la trouvaille de l’ancien maire de Dijon, (le chanoine Kir doit se retourner dans sa tombe) qui veut rendre facultatifs les centres communaux d’action sociale, les CCAS, ces structures très contrôlées par le monde associatif, les relais publics vers les plus défavorisés. Ils ne protesteront pas, ils sont les sans voix, « les Invisibles », dénonçait il y a dix ans Pierre Rosanvallon. Ils sont rendus inaudibles, écrivait-il « par la négligence des existences ordinaires, par le dédain des vies jugées sans relief, par l’absence de reconnaissance des initiatives laissées dans l’ombre ».
Sous les niches : le peuple !
Chronique écrite pour l’Œil de Réforme
