Le journaliste : déblog'notes

Oser l’entreprise en Méditerranée : 7 propositions pour la jeunesse

par | 10 octobre 2018

Nous vou­lons for­mu­ler 7 pro­po­si­tions concrètes, ins­pi­rées des cen­taines de ren­contres de ter­rain, des réunions de tra­vail et d’échanges, des expé­riences de cha­cun. Si elles n’engagent que leur auteur, elles se sont construites à l’écoute du réseau SIEMED. Ces pro­po­si­tions ont été pré­sen­tées lors du III° Forum Med Think 5+5 à Alger les 25, 26 et 27 juin 2018.

Présentation de ces propositions lors du IIIe Forum Med Think 5+5 à Alger les 25, 26 et 27 juin 2018.
Présentation de ces pro­po­si­tions lors du IIIe Forum Med Think 5+5 à Alger les 25, 26 et 27 juin 2018.

Elle est l’avenir et le déses­poir, l’enthousiasme et l’errance, la colère et l’endurance, la déter­mi­na­tion et l’abdication, la com­pé­tence et la mal-qualification, l’intelligence et le refus. La jeu­nesse de la rive sud de la Méditerranée est le symp­tôme de ce qui va bien, et de ce qui va mal dans notre uni­vers méditerranéen.

A prio­ri la situa­tion de la rive sud est enviable. Le Plan bleu diag­nos­tique « une popu­la­tion jeune et encore en crois­sance dans les pays du Sud et de l’Est et une popu­la­tion vieillis­sante et en faible crois­sance dans le Nord, avec même un pla­fon­ne­ment et une décrois­sance dans cer­tains pays comme l’Italie et l’Espagne ». Près de 100 mil­lions de jeunes sont au Sud et consti­tuent une éner­gie poten­tielle qui manque aux pays de la vieille Europe. L’Unesco constate : « Les pays du Sud du bas­sin médi­ter­ra­néen sont confron­tés à dif­fé­rents défis sociaux et éco­no­miques qui ont conduit notam­ment à des taux de chô­mage des jeunes éle­vés, sur­tout chez les femmes, à une dimi­nu­tion de la qua­li­té et de la per­ti­nence de l’éducation et à une pénu­rie de pos­si­bi­li­tés d’emplois qua­li­fiés sur le mar­ché du tra­vail, sans rap­port avec les aspi­ra­tions de la jeu­nesse. Dans le même temps, l’expérience de la situa­tion de tra­vail, l’esprit d’entreprise et les com­pé­tences numé­riques sont de plus en plus indis­pen­sables pour accé­der au monde du travail. »

La jeu­nesse est le poten­tiel d’avenir du conti­nent afri­cain sud et nord, la « matière pre­mière » qui fait les suc­cès du XXIe siècle : les res­sources de demain et d’aujourd’hui ne sont ni pétro­lières, ni minières. Elles sont dans la « matière grise », en par­ti­cu­lier dans la jeu­nesse. Alors que cette jeu­nesse est blo­quée, mal orien­tée, déses­pé­rée, en colère, fuyante… avec des risques avé­rés de migra­tions et de radicalisations.

Rym Ahyadi (1), direc­trice scien­ti­fique du Réseau euro­mé­di­ter­ra­néen pour les études éco­no­miques, ana­lyse plus en détail ce mal-être :

« Le chô­mage des jeunes est trois fois supé­rieur à celui des adultes. Au moment où ils passent de l’école au monde du tra­vail, les jeunes éprouvent plus de dif­fi­cul­tés à trou­ver un emploi que la popu­la­tion adulte. » C’est un « des fac­teurs inci­ta­tifs qui explique le mieux les flux migra­toires en pro­ve­nance de cer­tains pays vers d’autres dis­po­sants de meilleures pers­pec­tives de tra­vail ». D’autre part « les forts taux de chô­mage décou­ragent aus­si les jeunes de par­ti­ci­per au mar­ché du travail ».

Les NEET, « not in employe­ment, edu­ca­tion and trai­ning » repré­sentent un jeune sur quatre. « Le taux des NEET pour le groupe d’âge des 15–24 ans est de 23 % en Algérie, de 28 % en Égypte, de 16 % en Israël et de 25 % en Jordanie et en Tunisie, alors que dans l’Union euro­péenne il est d’environ 12,5 %. »

Le chômage augmente avec le niveau de qualification !

Mais le para­doxe le plus criant est que l’ascenseur social, le mérite de l’emploi n’est pas au rendez-vous des for­ma­tions. « Une carac­té­ris­tique frap­pante de ce phé­no­mène, spé­ci­fique à la région, relève Rym Ahyad est que l’éducation n’est pas une garan­tie contre le chô­mage. » « Dans des pays comme l’Égypte, la Jordanie ou la Tunisie, les jeunes qui ont ter­mi­né un cycle édu­ca­tif ter­tiaire se retrouvent deux à trois fois plus en situa­tion de ne pas être employé par rap­port à ceux qui n’ont qu’un niveau d’éducation pri­maire ou infé­rieur (OIT, 2015). Cela contraste avec la situa­tion des régions des pays les plus déve­lop­pées ou en déve­lop­pe­ment où le chô­mage baisse à mesure que le niveau d’éducation aug­mente. » Or ce constat sta­tis­tique est humai­ne­ment un désastre : pour un jeune, tra­vailler plus, abou­ti à plus de chô­mage ! Cette situa­tion génère une décons­truc­tion des valeurs et ouvre la voie à toutes les dérives.

Il y a à l’évidence une « inadé­qua­tion des com­pé­tences par rap­port au mar­ché du tra­vail dans toute la région ».

Nous sommes per­sua­dés que l’adaptation au « mar­ché de l’emploi » n’est pas le seul pro­blème. C’est la nature de ce « mar­ché de l’emploi » qui fait pro­blème. Il y a un défi­cit de créa­tion de valeurs, donc d’activité. Les éco­no­mies ont besoin de retrou­ver du mou­ve­ment, de la dyna­mique, de l’innovation. Bridées par des régle­men­ta­tions régu­liè­re­ment révé­lées par les clas­se­ments « doing busi­ness », domi­nées par l’emploi public en crise, lami­nées par l’emploi infor­mel, les socié­tés ont besoin d’une muta­tion qui ouvre le futur à une nou­velle géné­ra­tion d’entrepreneurs. Il faut déblo­quer la crois­sance endo­gène en s’appuyant sur l’intelligence col­lec­tive de la jeu­nesse. La clef de cette pro­blé­ma­tique est dans la com­pré­hen­sion de l’entrepreneuriat, de ses enjeux et de ses moyens.

Lors de la 14e confé­rence des ministres des affaires étran­gères du « Dialogue 5+5 » en Méditerranée occi­den­tale à Alger, le 21 jan­vier 2017, les ministres ont sou­li­gné « que les jeunes consti­tuent une richesse et une solu­tion aux défis de déve­lop­pe­ment éco­no­mique dans la région ».

D’où parlons-nous ?

Présentation de ces propositions lors du IIIe Forum Med Think 5+5 à Alger les 25, 26 et 27 juin 2018.
Présentation de ces pro­po­si­tions lors du IIIe Forum Med Think 5+5 à Alger les 25, 26 et 27 juin 2018.

Nos ana­lyses et pro­po­si­tions sont issues d’une longue pra­tique de ter­rain au nord comme au sud de la Méditerranée. Nous tra­vaillons dans un par­te­na­riat de confiance avec 50 struc­tures d’accompagnement à la créa­tion d’entreprise du Maroc, d’Algérie, de Tunisie, d’Égypte, du Liban et de France. Des struc­tures, asso­cia­tives, publiques, pri­vées, para­pu­bliques qui ont for­ma­li­sé leur coopé­ra­tion en créant le réseau SIEMed, Soutien aux Initiatives entre­pre­neu­riales en Méditerranée, fédé­ra­tion dont j’assume la présidence.

Nous sommes en capa­ci­té de for­mu­ler ces 7 pro­po­si­tions, en nous ins­pi­rant des cen­taines de ren­contres de ter­rain, des réunions de tra­vail et d’échanges, des expé­riences de cha­cun. Si elles n’engagent que leur auteur, elles se sont construites à l’écoute du réseau. Ces pro­po­si­tions ont été pré­sen­tées lors du III° Forum Med Think 5+5 à Alger les 25, 26 et 27 juin 2018. (2)

1° Devenir entrepreneur de sa vie

Nous avons vu le fos­sé qui sépare les for­ma­tions de l’emploi. Il est natu­rel­le­ment indis­pen­sable que cha­cun sache lire, écrire, comp­ter et que l’illettrisme recule. Mais les for­ma­tions supé­rieures sont en déca­lage avec l’emploi réel, faute d’un conte­nu adap­té aux éco­no­mies du XXIe siècle. Le pro­blème n’est pas le nombre de diplô­més, mais le conte­nu de l’enseignement, son adap­ta­tion à l’économie d’aujourd’hui et sur­tout de demain. On peut se réjouir de voir un mil­lier de doc­to­rants en droit. Mais quel est l’enseignement qu’ils ont reçu : un appren­tis­sage de la confor­mi­té admi­nis­tra­tive héri­té du pas­sé ou une capa­ci­té à ouvrir des pos­si­bi­li­tés éco­no­miques créa­trices grâce à des construc­tions juri­diques sécures et fon­dées. L’enseignement supé­rieur doit induire des pos­tures posi­tives, proac­tives, agiles. Comment mieux for­mer à l’initiative, à la créa­ti­vi­té, au jeu col­lec­tif, à la prise de risque… L’enjeu du diplôme est de deve­nir entre­pre­neur de sa vie.

2 ° Penser rupture numérique et innovation, lutte contre le réchauffement climatique

Le conti­nent afri­cain, nord et sud a une capa­ci­té dis­rup­tive et inno­vante ouverte au monde, socia­le­ment utile et per­for­mante. Le numé­rique est une évi­dence, la pro­duc­tion de valeur n’est plus rivée aux pro­duc­tions minières, pétro­lières ou indus­trielles. Au niveau pla­né­taire, le numé­rique et tout ce qui l’entoure, de l’administration à la finance en pas­sant par les ser­vices de proxi­mi­té sont le moteur de l’économie et l’emploi. C’est une oppor­tu­ni­té pour les pays de la rive sud de la Méditerranée. Le bou­le­ver­se­ment cli­ma­tique qui impacte for­te­ment le conti­nent afri­cain, trouve des solu­tions nova­trices sur place dans la pro­duc­tion d’énergie, l’habitat, l’agroalimentaire, les ser­vices, la logis­tique, les tech­no­lo­gies vertes, l’économie cir­cu­laire. Emmanuel Macron l’a sou­li­gné à Ouagadougou : « La lutte contre le réchauf­fe­ment cli­ma­tique doit être le ter­rain de l’in­no­va­tion, de l’en­tre­pre­na­riat, d’un défi com­mun où nous devons réus­sir ensemble ». Les star­tu­peurs sont nati­ve­ment mon­dia­li­sés. Cette éco­no­mie numé­rique emprunte des che­mins inédits, sans suivre le long par­cours indus­triel de la vieille Europe. L’Afrique invente le low-cost intel­li­gent, dis­rup­tif et anti­ci­pa­teur. Les start-up invitent à trou­ver la crois­sance là où elle se trouve, au cœur de l’innovation digi­tale des mar­chés émer­gents. Le mobile ban­king, la blo­ck­chain, les fin­tech, les ser­vices en ligne, l’e‑learning, ne connaissent pas les fron­tières. Trouvons les moyens de les sou­te­nir : liai­sons haut débit, espace de cowor­king, for­ma­tions, rela­tions avec l’écosystème euro­péen de l’innovation. Ils sont notre avenir.

3° Ouvrir les possibilités juridiques et techniques d’entrepreneuriat

Le créa­teur d’entreprise comme tout entre­pre­neur a besoin d’un cadre stable, simple et ouvert.

C’est évident pour les socié­tés « clas­siques » : TPE, SARL, SAS, SA…

Mais les jeunes peuvent avoir envie de s’investir sans s’inscrire dans des modes com­pé­ti­tifs ou de crois­sance exponentielle.

  1. Les acti­vi­tés géné­ra­trices de reve­nus, les AGR, ont besoin de cadres légers, souples et offrant une pos­si­bi­li­té de retour : autoen­tre­pre­neur, por­tage, coopé­ra­tive d’emploi, couveuses.
  2. L’économie sociale et soli­daire offre des moyens de s’associer, de mobi­li­ser et de déve­lop­per les ter­ri­toires qui cor­res­pondent aux attentes des nou­velles géné­ra­tions (Coopératives, asso­cia­tions) mais les sta­tuts sont sou­vent inadap­tés alors que l’ESS est géné­ra­trice d’emploi et de ser­vices novateurs.

4° Créer un environnement favorable à l’entrepreneuriat, à l’initiative.

Les clas­se­ments « doing busi­ness » sont cruels pour notre région…

  • Nous avons besoin de sta­bi­li­té juri­dique, de trans­pa­rence, de bienveillance.
  • Nous avons besoin d’un allè­ge­ment des pro­cé­dures de créa­tion, de ges­tion et de contrôle.

Les créa­teurs ont un besoin d’accès au fon­cier aux locaux. Une poli­tique volon­ta­riste pour les locaux, les bureaux, les ter­rains est vitale. La pénu­rie de fon­cier, le coût, les cau­tions deman­dées, les démarches admi­nis­tra­tives freinent, voire bloquent les créateurs.

5° Dépasser l’opposition entre économie formelle et informelle

L’économie infor­melle revêt un double aspect :

  1. Elle exerce une concur­rence déloyale et par­fois mor­ti­fère avec les acti­vi­tés légales, elle appau­vrit les res­sources de l’état. Elle est un lieu d’évasion fiscale.
  2. Et en même temps, l’informel joue un rôle d’amortisseur social et éco­no­mique. Il est un espace d’ingéniosité, de créa­ti­vi­té, de labeur, sou­vent de survie.

Les poli­tiques mora­li­sa­trices ou répres­sives sont contre-productives et sans effet durable.

Nous pro­po­sons trois approches concrètes :

  • Baisser les freins, le coût pour la per­sonne, du pas­sage de l’informel au formel.
  • Offrir des « avan­tages » de micro­cré­dit, de ban­ca­ri­sa­tion light, de taxa­tion allé­gée pour créer un sas vers l’économie formelle.
  • Former les per­sonnes à la ges­tion allé­gée d‘activités géné­ra­trices de revenus.

6° Inventer des outils de financement

Les outils, fonds et banques sont inadap­tés à l’innovation, à la TPE, à la PME, à l’ESS. Même si des chiffres impres­sion­nants semblent avoir été consa­crés aux PME et à l’innovation par les orga­nismes de déve­lop­pe­ment, l’argent n’arrive pas en bas. Les méga­pro­jets trouvent des finan­ce­ments publics mais ils les auraient trou­vés sans aide sur le mar­ché inter­na­tio­nal. Alors que tous les créa­teurs font état d’un blo­cage finan­cier. Pour les dia­spo­ras comme pour les entre­pre­neurs, nous sommes en panne.

  • Former les banques à l’approche des PME et des TPE. Les banques n’ont pas toutes déve­lop­pé une com­pé­tence spé­ci­fique d’approche rai­son­née du risque de la PME. Et l’entrepreneur médi­ter­ra­néen a, il faut en conve­nir, beau­coup de mal à ras­su­rer son ban­quier avec une comp­ta­bi­li­té transparente.
  • Ouvrir des fonds dédiés aux TPE, aux dia­spo­ras et aux Start-up. Si les éta­blis­se­ments finan­ciers sont à la peine pour les PME, c’est aus­si parce que l’entreprise nais­sante recèle un risque majeur de défaillance. Seuls des dis­po­si­tifs, appuyés par la puis­sance publique, alliés à des réseaux ban­caires com­pé­tents peuvent uti­le­ment don­ner le seed-money.
  • Développer des struc­tures de finan­ce­ment qui sachent accor­der des « petits » cré­dits (50 000 à 200 000 €) et recou­vrir l’argent avec effi­ca­ci­té et bienveillance.
  • Développer les dis­po­si­tifs de garan­tie qui ont un fort effet de levier et per­mettent aux réseaux ban­caires de s’engager de façon pérenne auprès des PME & TPE.
  • Ouvrir et régle­men­ter posi­ti­ve­ment le Crowdfunding qui per­met des levées de fonds modestes, des cam­pagnes de pré-achats pro­fi­tables ou des dons pour des pro­jets éco­no­miques citoyens.

7° Accompagner les porteurs de projet de façon professionnelle, en particulier les femmes et les jeunes

  • Mutualiser nos ser­vices, faire recon­naître la pro­fes­sion d’accompagnateur. Le métier s’affirme et doit s’inscrire dans un pro­cess de label­li­sa­tion à la suite d’un cur­sus nor­mé co-construit avec les partenaires.
  • Capitaliser, échan­ger et pro­mou­voir des bonnes pra­tiques entre les acteurs de la créa­tion d’entreprises au Maghreb, en Méditerranée, en Afrique. L’enjeu est trans­fron­tière et les expé­riences sont riches. En appre­nant les uns des autres, les struc­tures gagnent du temps, de l’énergie, de la compétence.
  • Explorer ensemble les pos­si­bi­li­tés de fédé­rer les éner­gies issues des sphères publiques et pri­vées. Trop d’oppositions sté­riles nuisent à l’efficience des accom­pa­gne­ments. Banques, asso­cia­tions, réseaux, orga­ni­sa­tions pro­fes­sion­nelles, ser­vices publics doivent trou­ver les voies d’échanges régu­liers, de capi­ta­li­sa­tion et de coopération.
  • Adopter des pro­grammes durables, de long terme, coor­don­nés et finan­cés. Les opé­ra­teurs inter­na­tio­naux ont sou­vent lan­cé des pro­grammes posi­tifs, mais leur durée, leur che­vau­che­ment ou leur dis­con­ti­nui­té ont nui à un sui­vi régu­lier, assi­du et durable des por­teurs de pro­jets. L’UpM pour­rait être le cadre d’une coor­di­na­tion et d’une pla­ni­fi­ca­tion plu­ri­an­nuelle des actions de sou­tien à l’entrepreneuriat.
  • Mettre en œuvre des outils spé­ci­fiques et volon­taires d’accompagnement des femmes créa­trices d’activités : l’accès des femmes à l’entrepreneuriat exige un enga­ge­ment volon­ta­riste avec des méthodes de coa­ching, d’apprentissage et de suivi.
  • Assurer un sui­vi post-création des por­teurs de pro­jets. Il ne suf­fit pas de déplo­rer le cap fatal des trois pre­mières années. Les por­teurs de pro­jets pour­raient sou­vent sur­mon­ter les dif­fi­cul­tés du démar­rage, si le sou­tien ne s’arrêtait pas à la créa­tion for­melle ou à la pre­mière année. Toutes les ana­lyses démontrent que les accom­pa­gne­ments longs par les pépi­nières, les clus­ters, les conseils, portent des fruits et amé­liorent la via­bi­li­té des entreprises.
  • Aider à la consti­tu­tion de filières créa­trices de valeur et d’export. Notre expé­rience a démon­tré que les acti­vi­tés nou­velles pour s’implanter dura­ble­ment avaient besoin de coor­di­na­tion, de coopé­ra­tion dans la construc­tion de logique de filières ou de clus­ters. Dans l’agroalimentaire, par exemple, avec l’émergence de la filière du safran an Algérie, dans la cos­mé­tique avec les pro­duits issus des tra­di­tions et de pro­duc­tion locale. C’est un défi pour nos struc­tures d’accompagnement que de pen­ser au-delà du créa­teur à son écosystème.
Christian Apothéloz

Ces sept pro­po­si­tions seront tech­ni­que­ment étayées, elles répondent cha­cune à des besoins avé­rés. Avec l’Union pour la Méditerranée, avec les acteurs de ter­rain et les orga­nismes d’appui, nous ten­tons de mettre en œuvre quelques-unes de ces recommandations.

Leur ins­crip­tion dans une stra­té­gie glo­bale, régio­nale de déve­lop­pe­ment humain leur don­ne­rait une effi­cience cer­taine et amor­ce­rait un chan­ge­ment dont la Méditerranée et sa jeu­nesse ont urgem­ment besoin.

Christian Apothéloz
Président de la Fédération SIEMED

(1) – L’intégration régio­nale et la créa­tion d’un mar­ché de l’emploi pour les jeunes en région Méditerranée in Le déve­lop­pe­ment humain comme moteur de coopé­ra­tion dans le Dialogue 5+5 Défis com­muns, ges­tion par­ta­gée . Alger, 25, 26 et 27 juin 2018

(2) – Cette troi­sième édi­tion, co-organisée par l’Institut euro­péen de la Méditerranée de Barcelone (IEMed) et le Secrétariat de l’Union pour la Méditerranée (UpM) avec la col­la­bo­ra­tion de l’Institut natio­nal d’études de stra­té­gie glo­bale (INESG), a ras­sem­blé sous le titre « Le déve­lop­pe­ment humain comme moteur de la coopé­ra­tion entre le Dialogue 5+5 »plus de cin­quante experts, déci­deurs poli­tiques de haut niveau et repré­sen­tants des ins­ti­tu­tions diplo­ma­tiques des États membres du 5+5 Dialogue (L’Espagne, la France, l’Italie, Malte, Portugal ; et d’autre côté, l’Algérie, le Liban, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie).