Le journaliste : enquêtes et reportages

Il était une fois… Rousset la capitale française de la micro-électronique

par | 2 février 1997

Article paru dans le Figaro Économie.

Avec bien­tôt 3500 emplois indus­triels pour 2000 habi­tants, le vil­lage de Rousset dans la haute val­lée de l’Arc devient un pôle indus­triel majeur de l’aire métro­po­li­taine marseillaise.


Rousset (13) : La microélectronique pousse entre les vignes

“Ici com­mence le vignoble de la Sainte Victoire”, la com­mune de Rousset n’a pas encore chan­gé sa signa­lé­tique, car ici com­mence le pre­mier pôle fran­çais de micro­élec­tro­nique. 3 500 emplois indus­triels dans la filière, deux usines en construc­tion repré­sen­tant cha­cune trois mil­liards de francs d’investissement, avec en sus une dizaine d’implantations de Pmi en pers­pec­tive. Pourquoi ce petit vil­lage de la Haute val­lée de l’Arc polarise-t-il tant d’attention ? Enquête.

Au com­men­ce­ment était la mine. Le bas­sin houiller de Gardanne, qui exploite une couche de lignite qui va des pieds de la Sainte Victoire à l’étang de Berre avait pré­vu de forer un puit sur la com­mune de Rousset. Las, les mineurs tom­be­ront sur une nappe phréa­tique. Un débit qui inter­dit l’accès au char­bon, 1000 mètres plus bas. Le ter­rain, acquis, devien­dra zone d’activité. Au milieu des sar­ments de vigne qui portent un rosé de Provence enso­leillé, au pied des pre­miers contre­forts de la Sainte Victoire, la zone va stag­ner, accueillant quelques acti­vi­tés chi­miques comme les engrais de Péchiney-Progyl. Le pas­sage à proxi­mi­té du ruban noir de l’autoroute Aix Nice sus­ci­te­ra un inté­rêt pour cette zone en rase cam­pagne. Eurotechnique, un joint-venture entre Saint Gobain et l’Américain « National semi-conductors » s’installe. Il sera repris plus tard par Thomson. Au début des années quatre-vingt, les grands Européens de la micro­élec­tro­nique, Philips, Saab, Siemens, Bull, British aeros­pace… fondent ES2, une socié­té qui fabrique les pro­to­types de cir­cuits inté­grés. ES2 choi­si­ra Rousset, comme Nanomask, une socié­té créée en 1983 par le Cnet et qui réa­lise les masques des­ti­nés à la réa­li­sa­tion des micro­con­duc­teurs. Le tout ne doit pas dépas­ser 500 emplois, mais Thomson, et Nanomask sont les embryons du pôle pro­ven­çal.
Fin des années quatre-vingt, le groupe amé­ri­cain Dupont recherche une implan­ta­tion en France pour déve­lop­per une acti­vi­té de pro­duc­tion de masques en micro­élec­tro­nique. Déjà implan­té à Hambourg et en écosse, près de ses mar­chés, il veut se rap­pro­cher des fabri­cants de puces du Sud de l’Europe. L’opportunité de la reprise de Nanomask lui fera choi­sir Rousset en 1989. Adrien Phillips, jeune direc­teur bri­tan­nique de 30 ans de ce qui est deve­nu Dupont Photomask, explique cette option : “Nous réa­li­sons 55 % de notre chiffre d’affaires à l’export. Nos clients gravent dans le sili­cium, ils nous confient le desi­gn de leurs pro­duits sur une base infor­ma­tique et nous édi­tons un sup­port phy­sique. Chaque masque est unique, nous n’avons pas de stock. Nous ne devons pas avoir un temps d’acheminement supé­rieur à notre temps de fabri­ca­tion qui va de 12 heures à 3 jours.” Malgré le han­di­cap d’un coût sala­rial supé­rieur à l’Écosse, Adrien Phillips a aug­men­té en deux ans la pro­duc­ti­vi­té de 43 %, ce qui a convain­cu le board amé­ri­cain d’investir en Provence : une nou­velle ligne de pro­duc­tion de 85 MF vient d’être ins­tal­lée, 20 sala­riés vien­dront cette année rejoindre les 120 de l’usine.
Paradoxalement, c’est la fer­me­ture pro­gram­mée de SGS Thomson en 1990 qui va déclen­cher le saut quan­ti­ta­tif actuel du site. Nous sommes en pleine crise de la micro­élec­tro­nique. Et le nou­veau maire, Jean-Louis Canal, un ancien syn­di­ca­liste élu en 89 voit la prin­ci­pale usine de sa com­mune fer­mée. Il recrute un ingé­nieur à ses côtés, Jean-Paul Hoffmann qui prend en main la direc­tion admi­nis­tra­tive de la cité, mais sur­tout l’avenir éco­no­mique. Chambre de com­merce et Conseil géné­ral mettent en place un groupe de tra­vail pré­si­dé par l’ancien patron de la répa­ra­tion navale mar­seillaise Pierre Terrin, qui ouvri­ra les portes des ins­ti­tu­tion­nels. Le Cremsi voit le jour en 92, sou­te­nu par la Région et le dépar­te­ment. “Personne ne se par­lait avant”, relève Jean-Paul Hoffmann, qui est, depuis, entré à l’agence de déve­lop­pe­ment Promotion 13. Le groupe de tra­vail passe très vite d’uns stra­té­gie défen­sive à une stra­té­gie de lob­bying orga­ni­sé. En juillet 1994, le groupe de tra­vail apprend que Thomson a en pro­jet la construc­tion d’une uni­té « huit pouces ». Promotion 13 mul­ti­plie les démarches auprès des ministres concer­nés, une pla­quette signée de toutes les col­lec­ti­vi­tés locales plaide pour Rousset. Le minis­tère de l’industrie apporte un sou­tien qui se tra­duit en espèces son­nantes et tré­bu­chantes. L’unité bap­ti­sée X 2000 béné­fi­cie­ra de la prime à l’aménagement du ter­ri­toire, des cré­dits Feder Objectif 2, de la Sofirem, socié­té de finan­ce­ment Charbonnages de France, du fond d’industrialisation du bas­sin minier et de diverses exo­né­ra­tions de taxe pro­fes­sion­nelle. Le 8 sep­tembre 1995, le groupe annonce offi­ciel­le­ment son implan­ta­tion à Rousset, un inves­tis­se­ment de 5 mil­liards de francs dont 1,2 mil­liard de francs sur fonds publics, pour la créa­tion de 800 emplois.
L’aventure Atmel a sui­vi un scé­na­rio simi­laire. En 94, Gérard Pruniaux sent que son outil de pro­duc­tion, à bout de souffle, est en dan­ger… “Il fal­lait inves­tir 10 mil­lions de dol­lars”, explique-t-il. Ses par­te­naires euro­péens se font tirer l’oreille, hésitent et fina­le­ment refusent d’aller plus loin. Prudent, il met sur l’affaire un consul­tant inter­na­tio­nal capable d’identifier un par­te­naire amé­ri­cain. Une quin­zaine de com­pa­gnies US sont appro­chées. Au même moment, le réseau de la Datar, Invest in France a repé­ré une de ces com­pa­gnies parce qu’elle a un pro­jet d’investissement en Europe. Les deux démarches se croi­se­ront via Promotion 13 et abou­ti­ront à la visite début 95 du patron d’Atmel, Georges Perlegos à Rousset. Le groupe amé­ri­cain est né, lui aus­si dans les années quatre-vingt, il réa­lise alors un chiffre d’affaires de 650 mil­lions de dol­lars (3,5 mil­liards de francs) dans les com­po­sants pour la télé­pho­nie, les réseaux, les ordi­na­teurs. Il cherche une tête de pont en Europe. Le contact avec Georges Perlegos s’établit d’emblée, il est inté­res­sé par l’avance tech­no­lo­gique d’ES2 et la com­plé­men­ta­ri­té des métiers. Une rela­tion de confiance : “Je suis tou­jours en place, sou­ligne Gérard Pruniaux, et mon direc­teur finan­cier aus­si.” Là aus­si les aides publiques vont tom­ber. Atmel a pu inves­tir 120 mil­lions de francs dans une nou­velle ligne de pro­duc­tion, le bâti­ment de 650 MF à l’architecture impo­sante est presque ter­mi­né. Un pre­mier module de fabri­ca­tion de 550 MF est en cours de mon­tage.
Ces inves­tis­se­ments majeurs ont fait du bruit dans le lan­der­nau de la micro­élec­tro­nique. Les sous-traitants, grands et petits veulent ouvrir un bureau, une agence, un ate­lier sur place. “La concur­rence arrive, il y a deux fois plus d’offres que de demandes”, déplore Robert Michel patron d’une PMI ins­tal­lée depuis 1992 sur le site, Végatec, spé­cia­liste du vide indus­triel. Outre les mar­chés issus de la construc­tion, les deux géants de la place sous-traitent en moyenne 20 % de leur chiffre d’affaires. De quoi aigui­ser les appé­tits. Pour faire face, Robert Michel regroupe ses deux socié­tés, Végatec et Midisciences dans un nou­veau bâti­ment : “Dans ce métier, et face aux grands du sec­teur, il faut mon­trer son stan­ding”, confie-t-il en fai­sant visi­ter un chan­tier pilo­té par son épouse, archi­tecte. “L’adresse pour tra­vailler dans la micro­élec­tro­nique est ici”.
Une adresse recher­chée, mais, où tout semble avoir pous­sé trop vite. “Nous déplo­rons, sou­ligne Adrien Phillips, un manque d’infrastructures de trans­ports, nous avons des pro­blèmes logis­tiques pour l’export”. “Il manque un lea­der­ship pour gérer, et la ville et la zone d’activités”, regrette Bernard Pruniaux. “Mais aver­ti Adrien Phillips, ne cas­sons pas le décor : « Ils ont réus­si à déve­lop­per la zone, sans trans­for­mer le vil­lage en Manhattan de Provence, il est bien plus agréable, avoue ce Britannique ama­teur de pas­tis pro­ven­çal, de man­ger sur la place du vil­lage plu­tôt que dans un Burger king”,

Christian Apothéloz


Le Cremsi, vitrine technopolitaine

Crée en 1993 peu après les menaces de fer­me­ture qui pesaient sur l’u­sine SGS Thomson, le Centre régio­nal d’é­tude de micro­élec­tro­nique sur le sili­cium (Cremsi) a per­mis d’afficher très vite une com­pé­tence natio­nale dans le domaine des com­po­sants. Pour Jean-Louis Canal, maire de Rousset, “Au départ, c’est d’abord un groupe de tra­vail infor­mel”. Il est com­po­sé aujourd’­hui*, des quatre grands de la filière, SGS Thomson, Gemplus, Atmel ES2, Dupont Photomask et d’une dizaine de Pme. Son objec­tif offi­ciel est de recen­ser, iden­ti­fier, puis finan­cer des pro­jets de recherche.
« Le Cremsi a ser­vi avant tout à empê­cher la fer­me­ture de l’u­sine » avoue Gilbert Deleuil, direc­teur de Promotion 13, agence de déve­lop­pe­ment de Marseille Provence. L’association ne fait pas tou­jours l’u­na­ni­mi­té au sein des Tpe et des Pme de la filière. Ainsi, pour Robert Michel, pré­sident de Vegatec, une petite entre­prise de 10 sala­riés sur le site de Rousset : « Le Cremsi n’a ser­vi jus­qu’à pré­sent que les grands de la micro­élec­tro­nique. Il n’y a pas eu un franc de finan­ce­ment pour les petites entre­prises ». Beaucoup comptent pour défendre leurs inté­rêts sur le nou­veau pré­sident, Laurent Roux, pré­sident d’IBS, Ion beam ser­vice, une Pme de la filière implan­tée à Gréasque et suc­ces­seur de Pierre Meranda issu lui, de SGS Thomson. Laurent Roux recon­naît les défauts d’un « sys­tème qui a long­temps pri­vi­lé­gié les grands du sec­teur. Ne serait-ce que parce qu’ils avaient leur place au sein du comi­té de direc­tion alors que les sous-traitants n’é­taient que membres asso­ciés ». La struc­ture a su néan­moins répondre au manque d’in­té­gra­tion des grands de la micro­élec­tro­nique dans le tis­su éco­no­mique régio­nal, au moment où le prin­ci­pal concur­rent du site de Rousset, Grenoble, avait déjà jalon­né le ter­rain. Elle a su mobi­li­ser un poten­tiel d’universitaires et de cher­cheurs qui ne tra­vaillaient pas ensemble. À son actif, neuf pro­jets de recherche au cours de deux der­nières années finan­cés entre 30 et 50 % par les aides publiques. L’année 1997 sera mar­quée par trois pro­jets pour un mon­tant de 6 mil­lions de francs encore en attente de finan­ce­ment.
Aujourd’hui le Cremsi reste le point de ren­contre, le phare du pôle micro­élec­tro­nique dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. « Il est fédé­ra­teur, orga­ni­sa­teur de pro­jets, il per­met l’a­ni­ma­tion de la filière micro­élec­tro­nique de la région », conclut Laurent Roux.

Pascale Hulot


Interview du maire de Rousset, Jean-Louis Canal“Rester un village provençal et ne pas devenir une ville-champignon”

Près de 3 700 per­sonnes viennent tra­vailler chaque jour sur le site indus­triel de Rousset. Quelles sont les retom­bées pour le vil­lage ?
Rousset comp­tait 1000 habi­tants en 1980. Aujourd’hui, 3 500 per­sonnes vivent dans le vil­lage. Et selon nos pré­vi­sions, nous pour­rions atteindre les 5 000 habi­tants dans quelques années. Cependant, nous ne pou­vons pas conclure que l’aug­men­ta­tion de la popu­la­tion est paral­lèle au déve­lop­pe­ment de la zone indus­trielle. Les sala­riés de la zone indus­trielle se répar­tissent de façon presque égale sur le dépar­te­ment des Bouches-du-Rhône : un tiers dans la zone d’Aix-en-Provence, un tiers dans la Vallée de l’Arc dont Rousset et le tiers res­tant sur la zone de Marseille.

Quelles sont vos ambi­tions pour le vil­lage de Rousset ?
Rousset est un petit vil­lage de Provence, situé au pied de la Sainte Victoire, avec sa cave coopé­ra­tive connue dans les envi­rons, son église et sa place enso­leillée. La volon­té de la mai­rie est claire. Nous vou­lons gar­der notre authen­ti­ci­té et notre iden­ti­té de vil­lage. D’autant plus que la zone indus­trielle ne se situe pas à proxi­mi­té de Rousset. Nous n’a­vons pas pour ambi­tion de faire explo­ser la com­mune. Nous ne vou­lons pas deve­nir une ville-champignon comme c’est le cas de Vitrolles, non loin de là.

61 entre­prises sont implan­tées sur le site, que faites-vous de cette manne de la taxe pro­fes­sion­nelle ?
La taxe pro­fes­sion­nelle est répar­tie sur l’en­semble des com­munes concer­nées par la Zone indus­trielle, par le Fonds dépar­te­men­tal de la Taxe pro­fes­sion­nelle en fonc­tion de cer­tains cri­tères. Et nous en avons les retom­bées pour une large part. Le col­lège, la salle des fêtes de 700 places, le centre de han­di­ca­pés pour adultes construit en 1995, et le centre de danse et de théâtre en sont les illustrations.

Pour les 3 700 per­sonnes qui tra­vaillent chaque jour sur la zone de Rousset, quels sont les amé­na­ge­ments pré­vus ?
La mai­rie de Rousset a ven­du à un pro­mo­teur un ter­rain de 5 000 mètres car­rés des­ti­né à créer un lieu de vie sur la zone. Aujourd’hui, 90 % du ter­rain est com­mer­cia­li­sé. Au pro­gramme : deux res­tau­rants, des com­merces de proxi­mi­té tels que des tabac presse, un centre médi­cal et un inves­tis­se­ment public pour un point cour­rier. Autant d’a­mé­na­ge­ments qui man­quaient sen­si­ble­ment sur une zone indus­trielle comme celle de Rousset.

Propos recueillis par Pascale Hulot


Atmel-ES2 et SGS-Thomson, concurrents mais alliés pour le recrutement et la formation

Avec leurs pro­jets de nou­velles usines sur Rousset, Atmel-ES2 et SGS-Thomson crée­ront 1500 emplois en quatre ans. Les sala­riés recru­tés seront pour moi­tié des opé­ra­teurs en micro­élec­tro­nique, un métier nou­veau où les qua­li­fiés ne sont pas nom­breux. Aucune for­ma­tion n’existe sur le mar­ché. La concur­rence ris­quait d’être rude entre les deux entre­prises aux besoins iden­tiques. Malgré le taux de chô­mage éle­vé du bas­sin d’emploi, la crois­sance des socié­tés ces der­nières années a déjà lar­ge­ment “assé­ché” le vivier local. Et, si les ingé­nieurs ou cadres (35 % des effec­tifs chez SGS-Thomson) se déplacent de loin, dif­fi­cile de faire venir de simples opé­ra­teurs de l’autre bout de l’Hexagone.
Or, les pou­voirs publics s’é­taient enga­gés à faci­li­ter ces implan­ta­tions, notam­ment en matière de recru­te­ment. Jusqu’à pré­sent, les DRH choi­sis­saient sur CV (SGS-Thomson en reçoit 15 000 par an) des per­sonnes titu­laires d’un bac tech­nique, pos­sé­dant une bonne vue. La for­ma­tion s’ef­fec­tuait sur le tas. Une action très lourde qui durait quatre mois chez Atmel-ES2. D’où l’i­dée – après une réflexion des deux direc­tions des res­sources humaines et des ser­vices de l’État – d’un pré­re­cru­te­ment com­mun, d’une for­ma­tion gérée par l’État avant une embauche défi­ni­tive.
Aujourd’hui, le pro­jet, mis en place avec la DRTEFP, fonc­tionne. Le GRETA du Pays d’Aix est maître d’œuvre. La for­ma­tion, qui concerne les opé­ra­teurs de fabri­ca­tion et tech­ni­ciens, est indi­vi­dua­li­sée selon les niveaux de départ. Elle dure douze semaines. Les réfé­ren­tiels péda­go­giques ont été défi­nis par les deux socié­tés. Une pre­mière ses­sion pilote démar­rée en juin avec 15 sta­giaires s’est ter­mi­née par huit embauches chez Atmel-ES2. Trois ses­sions sont en cours. Entre douze et quinze sont pré­vues chaque année.
La pré­sé­lec­tion des can­di­dats est effec­tuée par l’ANPE qui a ouvert une antenne sur le site de Rousset. Elle uti­lise une bat­te­rie de tests mis au point pour la socié­té Olliez (auto­mo­bile), qui per­met de déni­cher dans les can­di­dats une apti­tude manuelle à la micro­élec­tro­nique, quelle que soit la for­ma­tion ini­tiale. Après ce pre­mier filtre qui per­met d’i­den­ti­fier des com­pé­tences chez des gens qui, au vu du CV, seraient pas­sés à tra­vers les mailles du filet, les deux entre­prises mènent leur sélec­tion habi­tuelle. Pré-affectés chez l’un ou chez l’autre, les sta­giaires vien­dront y pas­ser deux semaines durant le cur­sus de for­ma­tion. Une période indis­pen­sable pour acqué­rir un mini­mum de “culture d’en­tre­prise” dans un sec­teur sen­sible où les secrets de fabri­ca­tion sont nom­breux. Ils y seront embau­chés à la sor­tie du stage ou presque.
Cette struc­ture de for­ma­tion, qui réduit net­te­ment la charge des entre­prises, pour­ra être ensuite uti­li­sée pour la for­ma­tion conti­nue. Les sous-traitants et les métiers annexes en pro­fi­te­ront éga­le­ment. La socié­té Du Pont Photomasks est déjà par­te­naire. L’idée ini­tiale qui était d’a­bou­tir à de nou­veaux diplômes recon­nus a été aban­don­née mais des rap­pro­che­ments avec des for­ma­tions exis­tantes per­met­tront l’ac­qui­si­tion de diplômes ou de par­tie de diplômes d’État.

Hélène Lefranc