Le journaliste : enquêtes et reportages

Le leader phocéen des cabinets d’avocats d’affaires BBLM vise Lyon

par | 3 mars 2022

BBLM, quatre lettres sibyl­lines, quatre lettres que l’on retrouve der­rière les grands dos­siers éco­no­miques que nos lec­teurs ont pu suivre dans les colonnes de Gomet’ : Kaporal, Alinéa, SNCM, Altéo, Bourdon, etc. Dans toutes ses affaires, des juristes ont ima­gi­né des solu­tions fiables, recher­ché des com­pro­mis, ont sou­mis leurs conclu­sions aux ins­tances juri­diques, ils ont plai­dé, et accom­pa­gné leurs clients dans une nou­velle confi­gu­ra­tion. BBLM était actif dans ces dos­siers, c’est en fait une PME du droit, ins­tal­lée dis­crè­te­ment place de la Préfecture.

Tout com­mence au début des années quatre-vingt. Trois jeunes avo­cats exercent leurs talents au sein du groupe Fidal. Comme chez Alexandre Dumas, ils par­tirent à trois et arri­vèrent quatre. Hervé Binisti, Bernard Bouquet et Claude Lassalle quittent leur poste, en accord avec Fidal, ils seront rejoints par le M. du qua­tuor, François Maurel qui était lui aus­si chez Fidal. Professionnels du droit de l’entreprise, ils traitent du droit des socié­tés, des fusions et acqui­si­tions. Mais ils ont des envies d’indépendance et d’entreprendre, ils s’entendent bien et l’histoire montre que cette entente était durable.

2 000 m² place Félix Baret

BBLM 1

Que ce soit par leur acti­vi­té pro­fes­sion­nelle ou par leurs racines fami­liales, les quatre fon­da­teurs sont très vite iden­ti­fiés dans le monde juri­dique mar­seillais. François Maurel, ancien bâton­nier, aujourd’hui avo­cat hono­raire se sou­vient de cette crois­sance qui est en même temps immo­bi­lière, puisque le cabi­net étend ses sur­faces de tra­vail sur 2 000 m² avec des pla­teaux qui inves­tissent l’immeuble du 3, Place Félix Baret, jusqu’aux combles, y com­pris en débor­dant sur le N° 1 voi­sins : « on a tou­jours eu un pro­blème de place » note François Maurel. Bernard Bouquet, membre du Comex de trois per­sonnes [1]qui dirigent aujourd’hui le cabi­net, décompte dans l’équipe BBLM, 47 avo­cats, dont 17 asso­ciés et en tout, 66 sala­riés, qui réa­lisent 10 mil­lions€ d’encaissements. BBLM Avocats est une socié­té civile pro­fes­sion­nelle d’avocats inter­bar­reaux ins­crite aux bar­reaux de Marseille et d’Aix en Provence et, en tant qu’établissement secon­daire, au Barreau de Paris. BBLM tra­vaille en plus avec des avo­cats par­te­naires, comme Stéphanie Brunengo d’Aix-en-Provence (qui inter­vient comme expert dans le guide des élus éco­res­pon­sable édi­té par Gomet’).

Bernard Bouquet dirige anime le dépar­te­ment « restruc­tu­ring », celui qui traite des affaires sen­sibles, au tri­bu­nal admi­nis­tra­tif ou au tri­bu­nal de com­merce. Très vite pour appor­ter un ser­vice com­plet aux PME fami­liales, aux cli­niques, aux labo­ra­toires, à la Fédération fran­çaise de foot, qui sont clientes, il s’est avé­ré néces­saire de com­plé­ter les com­pé­tences avec des spé­cia­listes en fis­ca­li­té, en droit social, en droit des marques et des bre­vets etc. Bernard Bouquet pri­vi­lé­gie ce tra­vail en équipe « Le tra­vail en équipe, l’échange tech­nique et stra­té­gique sur les dos­siers, font par­tie des atouts qui consti­tuent notre marque de fabrique » reven­dique BBLM. « Cela nous per­met de faire beau­coup de pré­ven­tion et d’intervenir en amont en uti­li­sant les pro­cé­dures de conci­lia­tion ». Rappelons que cette pro­cé­dure per­met à l’entrepreneur de trou­ver des solu­tions amiables et confi­den­tielles avec ses créan­ciers.[2] Bernard Bouquet reven­dique près de 80 man­dats ad hoc ou conciliations.

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François Maurel 12 oct 2015 enre­gis­tre­ment de l’é­mis­sion de Christian Apothéloz

Gagner des talents dans le mercato des recrutements

Contrairement aux avo­cats péna­listes, le métier de juriste d’affaires, se fait sans effet de manche. Pour ima­gi­ner des solu­tions qui garan­ti­ront la sur­vie d’une entre­prise, pour pré­ser­ver les inté­rêts de l’ensemble des par­ties, pour être en règle et évi­ter les pro­cé­dures d’appel du minis­tère public, ces pro­fes­sion­nels du restruc­tu­ring, sont en rela­tion étroite avec les magis­trats du tri­bu­nal de com­merce, avec les man­da­taires et avec leurs confrères soit de la par­tie adverse, soit asso­ciés sur une même affaire. Le cabi­net a hési­té dans sa crois­sance à quit­ter les locaux his­to­riques de la place Félix Baret. Mais cette confi­gu­ra­tion, qui per­met de ren­con­trer de façon for­melle ou infor­melle tout le monde juri­dique mar­seillais, dans les cou­loirs du tri­bu­nal, dans les bars et res­tau­rants, quand ils sont ouverts, est un atout pour les clients. « Il faut avoir le por­table du Président », résume Bernard Bouquet.

Face aux big, face aux réseaux inter­na­tio­naux, les avo­cats de BBLM opposent leur enra­ci­ne­ment, leur sta­bi­li­té et leur tra­vail en équipe. « Il y a un mer­ca­to, concède Bernard Bouquet. Nous devons donc res­ter sou­dés ; les déci­sions se prennent tou­jours à l’unanimité et pour deve­nir asso­cié il faut, le vou­loir et le méri­ter. Il faut de la géné­ro­si­té, insiste-t-il. Pour rece­voir il faut savoir don­ner : notre construc­tion est tou­jours fra­gile. » Mais l’indépendance est une marque de fabrique. Indépendance vis-à-vis des grands réseaux, mais aus­si vis-à-vis des autres pro­fes­sions. La loi per­met aujourd’hui d’inclure dans une même socié­té chiffres et du droit. « L’interprofessionnalité n’est pas notre stra­té­gie, insistent les fon­da­teurs, nous serions alors en concur­rence avec ceux qui sont nos prescripteurs ».

« Notre stra­té­gie est de croître » affirme par contre, avec déter­mi­na­tion Bernard Bouquet. « Avec une crois­sance de place et le recru­te­ment de talents nou­veaux ». Sandrine Delogu-Bonan en droit social et Helen Coulibaly-Le Gac en droit éco­no­mique ont rejoint der­niè­re­ment le cabi­net. Pas spon­ta­né­ment, un chas­seur de têtes était à l’œuvre !

Nous cher­chons des rap­pro­che­ments avec des gens qui nous ressemblent

Bernard Bouquet
Photo numérique BERNARD BOUQUET
Me Bernard Bouquet

Sandrine Delogu-Bonan a fait son droit à Toulon et l’école d’avocat à Lyon. Elle a une longue expé­rience chez les big : PWC, CWA, CARLARA, EY, Fidal. « J’ai pas­sé 17 années de ma car­rière dans des grands réseaux et j’ai beau­coup appris notam­ment chez EY », nous dit-elle. Deux chas­seurs de têtes l’avaient ciblé, l’un pour Maj, le réseau des avo­cats de Deloitte, l’autre pour BBLM. « Mon choix fut un coup de cœur, déclare-t-elle. Bernard Bouquet est vision­naire, nous avons de très beaux clients sou­vent plus gros que chez les big, je tra­vaille sur le restruc­tu­ring. Depuis six mois je suis agréa­ble­ment sur­prise par les rela­tions humaines et par la syner­gie entre les dépar­te­ments. » Mais BBLM veut voir plus grand. « Nous cher­chons des rap­pro­che­ments avec des gens qui nous res­semblent » glisse Bernard Bouquet. Il est vice-président de l’association Prévention & Retournement, qui regroupe des pro­fes­sion­nels de l’ac­com­pa­gne­ment des entre­prises en dif­fi­cul­tés, basée à Lyon et Marseille. Administrations, avo­cats spé­cia­listes, ban­quiers des affaires spé­ciales, man­da­taires, se retrouvent pour des échanges poin­tus et lui per­mettent de bien connaître le ter­rain et ses confrères lyon­nais. « Nous pour­rions trou­ver un ancrage à Lyon » avoue-t-il avec gour­man­dise. Un restruc­tu­ring rho­da­nien des cabi­nets d’avocats d’affaires est en vue.

Article rédi­gé pour Gomet’ en mai 2021


  • Avec Myriam Angelier , avo­cate asso­ciée, spé­cia­liste en pro­prié­té Intellectuelle et Fabien de Saint-Seine, avo­cat asso­cié spé­cia­liste des fusions et acqui­si­tions et du pri­vate equity

[2] L’accord amiable conclu entre le débi­teur et ses prin­ci­paux créan­ciers ain­si que les cocon­trac­tants habi­tuels est soit homo­lo­gué par le tri­bu­nal ou agréé par le pré­sident du tri­bu­nal de com­merce qui lui donne force exécutoire.