Le journaliste : enquêtes et reportages

Le pizzaïolo, intégrateur social

par | 05 juin 1996

Article paru dans le Figaro Économie.

Petits bou­lots, emplois ter­tiaires, sys­tème D, ceux qui ont choi­si de créer leur propre emploi dans les ser­vices à la per­sonne n’ont pas la cote. À l’heure où l’on recherche déses­pé­ré­ment trois mil­lions d’emplois, il est noble, parce qu’industriel, de vis­ser des bou­lons. Il est tri­vial de pas­ser 60 heures par semaine à ser­vir des clients. Les éco­no­mistes regardent avec condes­cen­dance ces mar­gi­naux inclas­sables et les pou­voirs publics les sup­portent plus qu’ils ne les encou­ragent. Regards sur cette éco­no­mie infor­melle du camion pizza.

Il trans­pire à grosses gouttes devant son four qu’il ali­mente de sar­ments de vignes séchés. Il s’essuie d’une ser­viette de bain, jette un regard dehors pour saluer les habi­tués, fait tour­ner la piz­za fumante d’un tour de main devant le feu incan­des­cent et reprend sans tar­der la confec­tion d’une royale moyenne. Cinq olives, du fro­mage, des cham­pi­gnons, tout est pré­pa­ré d’avance dans des pots de verre. À por­tée de main. Pierrot est un ergo­nome. En vingt ans de piz­za, il a appris à éli­mi­ner les gestes inutiles. Pas besoin de peser la pâte ou de mesu­rer le cou­lis de tomates ; à l’œil, il connaît ses doses. Il n’est pas de ceux qui achètent tout en sac. Lui, il choi­sit son fro­mage et le râpe, com­mande sa moz­za­rel­la direc­te­ment en Italie, fait ses bocaux de tomate lui-même et garde secrète la recette de sa pré­pa­ra­tion pour la piz­za du pêcheur. Sa femme, Suzanne, fidèle, dis­crète, sert, enre­gistre les com­mandes, annonce des heures de livrai­sons hypo­thé­tiques, et encaisse. Et les clients viennent de loin. Un bon match de l’OM, un retour de plage, des amis inat­ten­dus, sont pré­textes à prendre une piz­za “de chez Pierrot”, même si depuis le temps, on a quit­té le quar­tier.
Ils sont ain­si 400 dans les Bouches-du-Rhône, mêlant cette géné­ra­tion, et les sui­vantes, pré­cur­seurs de ces emplois de ser­vices à domi­cile, agents de convi­via­li­té des quar­tiers dont tout le monde parle et que per­sonne ne voit plus. Ils font pour­tant le poids d’une PMI : plus de 100 MF de chiffre d’affaires et cer­tai­ne­ment un mil­lier de per­sonnes qui en vivent.

Ici, le camion de piz­za est une figure emblé­ma­tique, née dans la cité pho­céenne en 1962. Cette année-là, le Marseillais Jean Meritan se lance dans l’a­ven­ture en créant le pre­mier “com­merce ambu­lant de piz­za”. “La pro­fes­sion est née à cette époque, se sou­vient Francis Sposito, créa­teur du Syndicat, mais de façon tota­le­ment désor­don­née. Les camions de piz­za clan­des­tins étaient en effet nom­breux. En 1973, les camions en règle ont alors déci­dé de se regrou­per au sein du Syndicat des arti­sans fabri­cants de piz­za non séden­taires”.
Un boom lié à l’arrivée des pieds-noirs dans la région et à la créa­tion des pre­mières grandes cités Hlm. Le mar­ché du camion piz­za ne s’as­sai­ni­ra véri­ta­ble­ment que dans les années 80. Un arrê­té muni­ci­pal du 27 jan­vier 1981 impose alors à chaque camion une plaque d’i­den­ti­fi­ca­tion au bla­son de la ville. “Aujourd’hui, les clan­des­tins se comptent sur les doigts de la main” constate Francis Sposito. Les règles d’hygiène et de sécu­ri­té sont sévè­re­ment contrô­lées. Le prix du camion équi­pé aux normes a for­te­ment aug­men­té.
Le camion piz­za est peu à peu ren­tré dans le rang. Après l’explosion des débuts, ceux qui ont des bonnes places veulent pré­ser­ver le mar­ché et la via­bi­li­té de leurs inves­tis­se­ments. . “En accord avec les pro­fes­sion­nels, affirme Pierre Colonna d’Istria, conseiller muni­ci­pal délé­gué aux empla­ce­ments, nous limi­tons les auto­ri­sa­tions. Le sys­tème est qua­si­ment le même que pour les taxis.” Mais chaque camion a la pos­si­bi­li­té d’u­ti­li­ser plu­sieurs empla­ce­ments. La Ville offre 600 empla­ce­ments pour 65 camions. “C’est un for­mi­dable atout pour nous, explique Chantal qui dis­pose de deux empla­ce­ments dans le 7e et le XIIIe arron­dis­se­ments de Marseille. Nous pou­vons ain­si nous diver­si­fier et tou­cher dif­fé­rents clients. Il est impos­sible de vendre tous les jours aux mêmes habi­tants d’un quar­tier“
Les patrons de camions piz­zas sont de vrais experts en zone de cha­lan­dise. Des sor­ties d’écoles aux car­re­fours stra­té­giques, des entrées du stade vélo­drome aux embou­teillages des retours de ski dans le Val de Durance, en pas­sant par les plages de la Côte bleue, ils égrainent leurs échoppes, s’adaptant à la demande.
Et pour­tant, avec les années 80, le monde de la piz­za est atta­qué de toutes parts. Dans ses trois fonc­tions, sub­sti­tut de repas, plat ser­vi à table ou gri­gno­tage.
“Les fast-foods, selon Francis Sposito ont tiré les gros consom­ma­teurs de piz­zas c’est-à-dire la clien­tèle des 3 à 25 ans”. Un choc cultu­rel, cui­sine médi­ter­ra­néenne contre sand­wich car­né amé­ri­cain. La tarte ita­lienne résiste, mais se diver­si­fie.
Les vrais ama­teurs, s’offrent des kits et se construisent des fours à domi­cile. D’autres vont se lais­ser séduire par la piz­za sur­ge­lée qui fait la for­tune de petites socié­tés d’agro-alimentaire d’Apt ou Manosque. Plus besoin de sor­tir, de com­man­der, d’attendre. Il suf­fit de pas­ser le plat au four.
Mais la vraie concur­rence vien­dra des piz­ze­rias avec livrai­son à domi­cile. Mais là encore, Marseille marque sa dif­fé­rence. Pizza Top et les autres fran­chi­seurs du sec­teur ne fran­chi­ront pas les portes de la cité pho­céenne. L’installation demande un inves­tis­se­ment iden­tique à celui du camion piz­za, mais les frais de fonc­tion­ne­ment sont alour­dis par les loyers et par cour­siers. Par contre la piz­ze­ria double son chiffre d’affaires. Elle débite 50 piz­zas par jour. “Et, confie un connais­seur, s’il faut bien décla­rer un cour­sier, les autres sont payés au black. “ Un métier qui tente les jeunes rmistes can­di­dats à la créa­tion d’entreprises.
“Les piz­zas à livrer ont rem­pla­cé les pro­jets de camion piz­za, relève Nicolas Daubigney, conseil à la créa­tion d’entreprise. Il y a cinq ans un por­teur de pro­jet sur deux vou­lait se lan­cer dans la piz­za!”
Les piz­zaïo­los ins­tal­lés ont mis du temps à réagir face à la baisse des ventes. La Fédération n’a obte­nu le droit de livrer à par­tir du camion qu’en mai 1995. Un bal­lon d’oxy­gène. Un arti­san piz­za le recon­naît lui ‑même : “Pour tra­vailler cor­rec­te­ment, nous avons ins­tal­lé un ser­vice de livrai­son et nous uti­li­sons le télé­phone. Il per­met au client de venir cher­cher son pro­duit lors­qu’il est prêt. Ainsi, il n’at­tend plus. Nous avons pu gar­der notre clien­tèle”. Et pour­tant, ils sont encore peu nom­breux à pro­po­ser un ser­vice de livrai­son. “Il ne s’y mettent que très timi­de­ment” explique Francis Sposito. Le camion Alain dans le XIIe arron­dis­se­ment de Marseille lui, a fait ins­tal­ler une “salle d’at­tente” sur son empla­ce­ment. La qua­li­té du ser­vice ne rentre que pro­gres­si­ve­ment dans les mœurs. Les jour­naux et le car­ton ondu­lé n’ont été que très récem­ment rem­pla­cés par le car­ton d’emballage.
À l’heure des poli­tiques de la ville, les piz­zaïoles reven­diquent leur rôle social. “Nous fai­sons par­tie inté­grante du “mobi­lier urbain”, explique Raymond Ciabattini, pré­sident de la Fédération natio­nale et piz­zaïole dans les quar­tiers nord de Marseille. Nous sommes sou­vent le der­nier point lumi­neux la nuit. Les gens viennent se réfu­gier devant le camion, tous les échan­tillons de la socié­té sont repré­sen­tés, de l’ou­vrier au méde­cin. Nous sommes un fac­teur de socia­li­sa­tion, tout le quar­tier nous connaît. “
“Arrêtons de dres­ser des fron­tières, s’insurge Tahar Rahmani, direc­teur de l’association 3 CI, spé­cia­li­sée dans la créa­tion d’activités dans les quar­tiers dif­fi­ciles. Que nous ins­tal­lions un cabi­net de kiné­si­thé­ra­peute ou une piz­ze­ria avec livrai­son à domi­cile en bas d’un Hlm, qu’importe, nous retis­sons du lien social. Il faut encou­ra­ger tout ce qui remet de l’économie, des ser­vices, de la vie près des gens. Ceux qui entre­prennent, qui com­mercent sont en pre­mière ligne dans l’action contre la frac­ture sociale. Ne les décou­ra­geons pas.”

Enquête réa­li­sée par Pascale Hulot et Christian Apothéloz


Interview de Michel Péraldi : L’économie informelle n’est pas la misère

Sociologue, char­gé de recherche au Cnrs, Michel Péraldi, 43 ans, est un des rares cher­cheurs qui se soit spé­cia­li­sé dans les éco­no­mies infor­melles. Il vient de signer dans le Courrier du Cnrs un docu­ment sur “Vivre et sur­vivre au bord des villes”.

Le camion piz­za fait-il par­tie des éco­no­mies infor­melles ?
Il fait par­tie de ce vaste puzzle qui est né du redé­ploie­ment pro­fes­sion­nel des popu­la­tions ouvrières. Ce sont des petits métiers urbains que l’on retrouve ailleurs, comme les cireurs de chaus­sures à New York ou les laveuses de pied à Abidjan. À Marseille, dans les quar­tiers nord, les XIVe, XVe et XVIe° arron­dis­se­ments, les emplois com­mer­ciaux sont plus nom­breux que les emplois ouvriers.

Comment expliquez-vous que Marseille et sa région soit la capi­tale du camion piz­za ?
Marseille est une grande ville admi­nis­tra­tive, donc une ville de classe moyenne. Ni opu­lente, ni pau­pé­ri­sée, donc consom­ma­trice de ser­vices. Et il y a ici un génie par­ti­cu­lier du com­merce, chaque com­mu­nau­té est un réseau com­mer­cial en puissance.

Qu’apporte dans une famille, dans une cité, la créa­tion d’une telle acti­vi­té ?
C’est banal, mais je dirais d’abord de la richesse. Le com­merce génère, en lan­gage de socio­logue, le “moyen d’être un peu au-dessus de sa condi­tion objec­tive.” Plus sim­ple­ment, il per­met de mettre du beurre dans les épi­nards. Mais ce n’est pas un moyen de sur­vie, la pré­ca­ri­té n’est pas l’indigence. Les gens qui se lancent dans une acti­vi­té com­mer­ciale ne sont pas au bout du rou­leau, Ils font de la pro­mo­tion sociale à compte d’auteur. Autrefois cette ascen­sion pas­sait par l’école, puis l’administration, aujourd’hui, les gens qui ont l’ambition d’être autre chose que ce qu’ils sont, ouvrent boutique.

Peuvent-ils réus­sir ?
Ceux qui réus­sissent dans l’économie infor­melle, ne sont pas ceux qui ont le plus d’argent ou la meilleure for­ma­tion, mais ceux qui ont un capi­tal rela­tion­nel. Lors d’une enquête à Belsunce, un com­mer­çant nous a livré, selon lui, la clef de la réus­site : “Il faut être droit et connu”!

Cette éco­no­mie infor­melle jus­te­ment, ne se rapproche-t-elle pas de la délin­quance ?
Que celui qui n’a jamais frau­dé jette la pre­mière pierre. Il existe comme par­tout des risques de déviance. Mais la police craint plus la poro­si­té entre le com­merce tra­di­tion­nel et la délin­quance qu’avec l’économie infor­melle. Cette éco­no­mie fonc­tionne sur un code d’honneur, sur des conven­tions uni­que­ment orales, qui sont aus­si contrai­gnantes que des contrats écrits. Les Italiens font très jus­te­ment la dif­fé­rence entre les “éco­no­mies cri­mi­nelles” comme la drogue et les éco­no­mies informelles.

Les zones franches peuvent-elles amé­lio­rer la situa­tion de ces “nou­veaux com­mer­çants”?
Ils fonc­tionnent déjà comme s’ils étaient en zone franche. Par contre ne jetons pas l’opprobre sur ces petits métiers urbains. La crise indus­trielle a fait glis­ser dans la pré­ca­ri­té toute une part de notre socié­té. Ceux qui veulent s’en sor­tir mobi­lisent leur éner­gie, leur savoir faire com­mer­çant, leurs réseaux com­mu­nau­taires. Ils sortent ain­si de l’assistance.


Le business du camion pizza

Les vrais piz­zaïoles vous le diront : la piz­za, c’est d’abord un tour de main, pas une recette. La matière pre­mière de la clas­sique piz­za au fro­mage, est simple : 200 grammes de fro­mages, 300 grammes de pâte, et 150 grammes de sauce tomates. Faites le cal­cul vous-même : pas grand-chose ! Elle est ven­due en moyenne 40 francs. Pour les piz­zas plus sophis­ti­quées, le prix varie entre 40 et 60 francs. En moyenne, un camion écoule quo­ti­dien­ne­ment en semaine 20 piz­zas, le chiffre passe à 40 le week-end. Il existe trois dia­mètres : 29 cm (petite), 34 cm (moyenne), 40 cm (grande). Et pour les petits creux, la part de piz­za est ven­due entre 7 et 10 francs. Mais, comme le dit très jus­te­ment Francis Sposito, pré­sident d’honneur de la Fédération natio­nale des arti­sans piz­za en camion maga­sin : “Le piz­zaïole est un arti­san, il vend un savoir faire. Et aujourd’hui, la fabri­ca­tion, la fabri­ca­tion arti­sa­nale a un prix. Le piz­zaïole exerce son métier devant le client. Il n’y a pas de tri­che­rie. Le vrai patron, c’est le client”.

Le pizzaïole travaille en général de 16 heures à 23 heures, cinq ou six jours par semaine.

Quant au camion, il repré­sente pour le piz­zaïole un lourd inves­tis­se­ment. S’il débute avec un châs­sis d’occasion et un four qu’il monte lui-même, il peut s’équiper pour moins de 100 000 francs. Mais s’il veut du neuf, conforme à la régle­men­ta­tion sur l’hygiène, il devra inves­tir entre 300 et 450 000 francs selon les modèles. Le camion est sou­mis à la régle­men­ta­tion du com­merce ambu­lant. Selon la loi Royer, le pro­prié­taire paie une rede­vance de sta­tion­ne­ment fixée par le conseil muni­ci­pal après consul­ta­tion des orga­nismes pro­fes­sion­nels. À Marseille, le prix de l’emplacement se situe aux envi­rons de 900 francs par mois. Certaines com­munes affichent cepen­dant des prix bien plus éle­vés.
Selon Nicolas Daubigney, conseil en créa­tion d’entreprise à l’association 3CI, il doit réa­li­ser entre 20 et 25 000 francs de chiffre d’affaires men­suel pour vivre. La moyenne annuelle se situe selon nos esti­ma­tions entre 250 et 300 KF. Mais aucun patron, fisc oblige, n’avouera de tels chiffres.


Portraits : La pizza en camion, une affaire de famille

Ici, on les sur­nomme “les gar­diens de la place du David”. Raymond et Arlette ont ins­tal­lé leur camion de piz­za en 1976 sur le car­re­four en l’hon­neur de la célèbre oeuvre de Michel-Ange, en face des plages du Prado dans le VIIIe arron­dis­se­ment de Marseille. Ils sont là 6 jours sur 7. “Avec le temps, nos clients sont deve­nus des amis. Nous voyons pas­ser les géné­ra­tions. Aujourd’hui, nous ser­vons les enfants de notre ancienne clien­tèle” explique fiè­re­ment Arlette. Leur métier d’o­ri­gine : la bou­lan­ge­rie. “Un jour, nous avons eu envie de liber­té et d’in­dé­pen­dance. Nous ne vou­lions plus être enfer­més dans une remise pour exer­cer notre métier”.
Raymond et Arlette, des figures mar­seillaises, repré­sentent le pro­fil type de l’ar­ti­san en camion piz­za ins­tal­lé dans les années fastes du camion. “La plu­part des piz­zaïoles de l’an­cienne géné­ra­tion, explique Raymond Ciabattini, pré­sident de la Fédération natio­nale des arti­sans piz­za en camion maga­sin, étaient aupa­ra­vant dans la bou­lan­ge­rie. Puis avec l’avènement du camion, ils se sont lan­cés dans l’a­ven­ture du com­merce ambu­lant”. Le camion fait sou­vent vivre un couple, voire une famille. L’époux fabrique la piz­za, l’é­pouse sert le client. Pour Chantal et Eric ins­tal­lés bou­le­vard de la Corderie dans le VIIe arron­dis­se­ment de Marseille non loin du centre-ville, la tra­di­tion est res­pec­tée. “Au départ, nous étions sala­riés. Je tra­vaillais en tant que secré­taire. Mais la famille de mon époux est dans la piz­za depuis 1966. De père en fils. Alors, il y a trois ans, nous avons vou­lu mon­ter notre propre affaire” se sou­vient Chantal avant d’a­jou­ter : “Si nous sommes encore là aujourd’­hui, c’est que notre entre­prise affiche une bonne san­té”. À quelques cen­taines de mètres de là, Éric, lui, repré­sente la nou­velle géné­ra­tion. À 28 ans, il est ren­tré par hasard dans la pro­fes­sion. Seul dans son camion, à la pro­duc­tion et au ser­vice, il avoue : “Je n’ai jamais rêvé d’être piz­zaïole. J’ai fait toutes sortes de petits bou­lots, bran­car­dier ou ser­veur dans un snack, avant de me lan­cer. Je suis tout sim­ple­ment ren­tré dans le camion piz­za en tant qu’aide d’un piz­zaïole. Quand mon patron a déci­dé d’ar­rê­ter, j’ai repris l’af­faire”. Aujourd’hui Éric entend amor­tir son inves­tis­se­ment et l’ex­ploi­ter. Il tra­vaille 7 jours sur 7. “Mais je ne me vois pas pas­ser ma vie dans un camion, je veux voir plus grand, mon­ter un res­tau­rant. Je repren­drai une autre affaire”, explique-t-il. “La pro­fes­sion compte aujourd’­hui 20% de jeunes. Mais la plu­part ont inté­gré le métier alors qu’ils se trou­vaient au chô­mage” explique Raymond Ciabattini. Le camion de piz­za restera-t-il une affaire de famille ? Les jeunes prennent la relève dans un contexte dif­fi­cile. Arlette est scep­tique : “J’ai décon­seillé à mon fils de prendre la suite et pour­tant il connaît le métier. “.Par contre, le fon­da­teur de la pro­fes­sion, le créa­teur mar­seillais du camion de piz­za, Jean Meritan, donne l’exemple. Il vient tout juste d’ar­rê­ter le métier, mais il cède son four à son neveu, la suc­ces­sion est assurée.

Christian Apothéloz

Résumé de la politique de confidentialité
Logo RGPD GDPR compliance

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles. Ces informations restent cependant anonymes, conformément au règlement sur la protection des données.
Voir notre politique de confidentialité

Cookies strictement nécessaires

Cette option doit être activée à tout moment afin que nous puissions enregistrer vos préférences pour les réglages de cookie.

Statistiques anonymes Google Analytics

Ce site utilise Google Analytics pour collecter des informations anonymes telles que le nombre de visiteurs du site et les pages les plus populaires.
Garder ce cookie activé nous aide à améliorer notre site Web.