Le journaliste : enquêtes et reportages

Marseille : Accor mélange ses étoiles

par | 9 septembre 1993

Article paru dans le Nouvel Économiste.

Avec la crise, le groupe Accor qui repré­sente à lui seul 40 % du mar­ché mar­seillais de l’hôtellerie, fédère ses enseignes pour chas­ser le client fur­tif et le mar­ché des congrès.

Au prin­temps der­nier, les enseignes pho­céennes ont sim­ple­ment addi­tion­né leurs dis­po­ni­bi­li­tés grâce à une cen­trale de réser­va­tion com­mune. Un client qui arri­vait à un Formule 1 com­plet était diri­gé d’office après 21 heures vers un Ibis, mais avec des tarifs avan­ta­geux. Règle d’or : tout client se pré­sen­tant spon­ta­né­ment dans un hôtel du groupe doit trou­ver une nuit “Accor”. Certes un client du Formule 1 de Plan de Campagne n’aboutira pas dans la suite Chopin du Pullman Beauvau, mais avec le même nombre de chambre, 2219 sur l’agglomération, soit 37,5 %, le groupe espère bien pas­ser à 47 % de part de mar­ché soit 8 points de mieux qu’aujourd’hui. La cen­trale per­met­tra de rééqui­li­brer les fré­quen­ta­tions : cer­tains éta­blis­se­ments, sou­vent de ceux de la péri­phé­rie urbaine, sont sur­boo­kés en semaine, alors que le centre ville a encore des marges de dis­po­ni­bi­li­tés. Depuis la ren­trée, le groupe, ayant tes­té le sys­tème, a déci­dé d’en faire la pro­mo­tion et de l’ouvrir au public mais uni­que­ment pour les deux à quatre étoiles sous enseigne Sofitel, Pullman, Novotel, Mercure, Arcade et Ibis. Un poten­tiel : chambres, de 59 salles de réunion dans une four­chette de prix de 280 à 920 francs est donc acces­sible via le ser­vice Hoteléphone. Une capa­ci­té qui va per­mettre au GIE Accorest qui gère l’action com­mer­ciale d’Accor, de s’attaquer au mar­ché des congrès et incen­tive. Marseille se met ain­si dou­ce­ment à l’heure du tou­risme d’affaires. Manquent les salles. À la foire de Marseille qui ouvre ses portes ce ven­dre­di, les visi­teurs pour­ront décou­vrir les pro­jets de la mai­rie concer­nant la réno­va­tion du Palais des congrès. Pas de grandes créa­tions archi­tec­tu­rales, pas de lif­ting spec­ta­cu­laires. La Safim, filiale de la Générale des eaux et les ser­vices muni­ci­paux écha­faudent dou­lou­reu­se­ment depuis des mois un pro­jet éco­nome qui per­mette d’accueillir digne­ment des congrès de 300 à 1500 per­sonnes. La car­casse de l’actuel palais des congrès serait conser­vée, mais rha­billée avec des équi­pe­ments modernes de res­tau­ra­tion, réunions et une grande salle modu­lable. Les tra­vaux pour­raient démar­rer début 94… si les finan­ce­ments sont réunis pour un tel projet.

Christian Apothéloz