Le journaliste : Futur composé (radio RCF)

Roger-Louis Cazalet

9 septembre 2004

Expert-comptable, com­mis­saire aux comptes, pré­sident d’honneur du Conseil de l’ordre, fon­da­teur de Mosaïque citoyenne.

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De son enfance algé­rienne aux contraintes du métier, Roger-Louis Cazalet raconte ses enga­ge­ments et ses métiers, sa foi et ses passions.

Allocution prononcée par Roger-Louis CAZALET, fondateur, à l’occasion des 40 ans du cabinet CAZALET – Groupe SYREC, le 28 novembre 2008

Très chers amis,

Vous qui connais­sez bien ma sen­si­bi­li­té, devez com­prendre la pro­fonde émo­tion qui m’étreint à ce moment de ma vie per­son­nelle et pro­fes­sion­nelle. Qu’est deve­nu le lycéen du Lycée Bugeaud d’Alger puis l’étudiant de la facul­té de Droit et l’élève du conser­va­toire de Chant d’Alger ? Quelle voie a‑t-il choisie !

Baryton après son pre­mier prix, avo­cat après sa licence, non rien de cela, car la des­ti­née (déjà elle) me fai­sait obli­ga­tion d’entrer dans la vie pro­fes­sion­nelle afin de pour­suivre mes études. Après recherches, j’étais, donc recru­té à 17 ans (1950) à la Société mar­seillaise decré­dit dans le plus petit éche­lon, au ser­vice caisse. Néanmoins, je pro­gres­sais assez vite et, en dépit de 30 mois d’armée, pen­dant les évé­ne­ments d’Algérie, la SMC accep­tait de me muter à Paris pour suivre les cours du Centre d’Études Supérieures de Banque, alors à Sciences Po. J’étais ensuite muté à Marseille pour faire l’École interne des Cadres. Ce fut alors le bal­let des muta­tions – Lyon – Monaco – Cannes, à nou­veau Paris puis Marseille comme gérant de Bureau, hors classe. Durant ce « vaga­bon­dage pro­fes­sion­nel », j’étais sou­mis à des contraintes horaires que je vous laisse ima­gi­ner, je pré­pa­rais le diplôme d’expert-comptable, je ter­mi­nais la maî­trise en droit des affaires et pas­sais le CAPA (Certificat d’aptitude à la pro­fes­sion d’avocat).

Cependant, en dépit de ce début de car­rière pro­met­teur, en 1965–1966, je ne pou­vais pas accep­ter une muta­tion au Maroc, pour prendre la Présidence d’une filiale ban­caire ; or, j’étais en train de pré­pa­rer ma sou­te­nance de mémoire. Je quit­tais donc la SMC et sui­vais un client impor­tant dans l’immobilier, je m’installais en même temps comme Conseil juri­dique et com­mis­saire aux comptes à Toulon, ce qui était pos­sible à l’époque. Un témoin de cette époque est pré­sent ce soir, et je l’en remer­cie pour sa fidé­li­té, n’est-ce pas Monique Corolleur ? Notre socié­té la SEJI (Société d’études juri­diques et immo­bi­lières) mar­chait bien, mais nous remar­quions que les clients sou­hai­taient plu­tôt des conseils comp­tables et de ges­tion ; ce qui a entraî­né mon ins­crip­tion à Marseille (lieu de ma rési­dence prin­ci­pale) à l’Ordre des experts-comptables et comp­tables agréés en juillet 1968.

Les évé­ne­ments de 68 venaient de se ter­mi­ner mais la déchi­rure sociale n’était pas encore répa­rée. Une ins­tal­la­tion en pro­fes­sion libé­rale parais­sait une gageure. Aussi, le départ fut modeste au 8 rue des Fabres der­rière la Chambre de com­merce dans deux petits bureaux avec une secré­taire et une col­la­bo­ra­trice à mi-temps. En rai­son, notam­ment, du « Capital rela­tions » acquis à la SMC, la pro­gres­sion fut rapide, avec l’assistance à la créa­tion de PME impor­tantes, comme la socié­té Hom ou la ges­tion de socié­tés indus­trielles comme les Ateliers de répa­ra­tion navale Paoli.

Pour faire face à ce déve­lop­pe­ment, le cabi­net don­nait nais­sance en fin 1973 à la Société d’expertise comp­table et de com­mis­sa­riat aux comptes (Syrec) qui fut ins­tal­lée dans les locaux sis 148 rue Edmond Rostand 13008 Marseille, puis au 109 bis rue Jean Mermoz 13008 Marseille, où elle se trouve encore, dans plus de 400 m² de bureaux, dans le quar­tier rési­den­tiel de Marseille. Sur le plan de la ges­tion du per­son­nel, la socié­té a déve­lop­pé une poli­tique de for­ma­tion pour per­mettre une meilleure qua­li­té des tra­vaux. De nom­breux sta­giaires ont béné­fi­cié des méthodes tant tech­niques qu’humaines de la socié­té et sont aujourd’hui des pro­fes­sion­nels recon­nus. Citons en pre­mier Luc Chamouleau, qui après une pré­sence de vingt ans prend peu à peu la Direction du Groupe Syrec. Citons aus­si Jean-François Espi, res­pon­sable de la branche exper­tise judi­ciaire, Jean-Philippe Majorel diri­geant de la filiale Saric. Christine Anfosso, res­pon­sable des « grands comptes » et deux experts-comptables plus géné­ra­listes recru­tés récem­ment Christophe Savarese et Vincent Turc. Il convient de citer aus­si tous les chefs de groupe Patrice Ferandini, Claude Maassen, Valérie Munaro, Didier Amilhat, Patrick Calcagnino ; notre ser­vice paye et social, ani­mé par Isabelle Turck et Alexandra De Castillo, sans oublier évi­dem­ment nos deux secré­taires, Nathalie Gioanni et Sylvie Serrero, qui, avec dévoue­ment, per­mettent « au pou­mon » qu’est le secré­ta­riat la sor­tie des tra­vaux en temps et en heure… Et avec bonne humeur. Rappelons enfin notre ancienne secré­taire géné­rale, Laurence Cazalet qui a bra­vé le mau­vais temps Corse pour être là ce soir, ce dont nous la remer­cions tous.

Tous les cadres et col­la­bo­ra­teurs ont adhé­ré au pro­jet « Développement dans la qua­li­té » qui pré­voit une pro­gres­sion cor­ré­la­tive, de l’économie et des hommes, ce qui doit per­mettre à cer­tains d’entre eux de deve­nir asso­ciés. Le temps sera alors venu d’harmoniser la struc­ture de l’ensemble pour en faire une com­mu­nau­té, cou­ra­geuse, res­pon­sable et citoyenne, qui sont les trois qua­li­tés de base que doit tou­jours pos­sé­der un pro­fes­sion­nel libé­ral. Mais je n’aurai pu rien faire sans vous et sans vos qua­li­tés pro­fes­sion­nelles et sociales. Ainsi, nous avons pu bâtir un ensemble recon­nu dont les membres n’oublient jamais « que ce qu’on est pen­dant qu’on fait est tou­jours aus­si impor­tant que ce qu’on fait ».

Je rap­pelle enfin l’importance de l’environnement qui nous per­met de nous déve­lop­per. N’est-ce pas : Messieurs les Bâtonniers du Barreau de Marseille et Maîtres Lombard, Le Roux, Garibaldi, Mimoun, les confrères : Alain Beudon, hélas trop tôt dis­pa­ru, Michel Trintignac, Jean Denis, Étienne Lampert, Georges Perilli, Jacques Benayoun, les élus de col­lec­ti­vi­tés locales et ter­ri­to­riales, les magis­trats, les jour­na­listes et les diri­geants du sec­teur asso­cia­tif et du sec­teur auto­mo­bile et immo­bi­lier dans les­quels nous inter­ve­nons depuis la créa­tion du cabinet.

40 ans de joies, de peines, de vie tout court, sou­hai­tons donc ardem­ment à l’équipe diri­gée par Luc Chamouleau, de pour­suivre dans cette voie en lui don­nant la dimen­sion du temps. En effet, le temps reste notre seul maître car seul il peut être vécu dans l’harmonie du « Ici et main­te­nant » et dans l’inconnu de l’espoir du devenir.

Ecoutez l’émission de radio Futur composé

Animée béné­vo­le­ment par Christian Apothéloz consul­tant et Philippe Langevin, économiste.