Le journaliste : portraits

Frédéric Chevalier, le stratège et le créatif

par | 8 août 2002

Article paru dans L’entreprise.

Quel par­cours ! À 38 ans, Frédéric Chevalier peut regar­der avec satis­fac­tion le jeune aixois qui, il y a 15 ans sor­tait de l’excellent IUT tech­niques de com­mer­cia­li­sa­tion. Des parents dans la fonc­tion publique, une pas­sion pour la glisse, un look de play-boy, il aurait pu choi­sir la faci­li­té dune jeu­nesse insou­ciante. Il fait ses pre­mières armes à la régie publi­ci­taire de RMC, la radio moné­gasque de la grande époque où Jean – Pierre Foucault offi­cie le matin. Auprès de Michel Attard, il se col­tine aux âpre­tés du mar­ché publi­ci­taire, aux logiques des grands annon­ceurs, au poids des marques. Lorsqu’il crée sa boîte de com, High Co, en 1990, il est à contre cycle. Le mar­ché de la com­mu­ni­ca­tion entre en crise, la loi Sapin va déci­mer les lea­ders régio­naux. Il n’en a cure. Lui refuse la pub paillette. Il est déjà un adepte du hors media, du mar­ke­ting direct, des bonnes vieilles tech­niques de cou­pon­ning. Il a le talent d’habiller tout cela d’un vocable anglo-saxon, (Linking up !) d’utiliser les nou­velles tech­no­lo­gies et sur­tout de s’entourer d’une équipe jeune et com­pé­tente. Sa force est dans cette logique, il n’y a pas d’errement entre le pro­jet de 1990 et le groupe de com­mu­ni­ca­tion euro­péen de 724 per­sonnes et 67 M d’euros de marge brute. Derrière le sou­rire aux dents blanches, les lunettes cer­clées, les bre­telles et l’éternel pro­fil de jeune pre­mier, il y a une déter­mi­na­tion rare. Frédéric Chevalier n’a pas une idée, il a un plan, il n’imagine pas, il cal­cule, il ne s’aventure pas, il applique une stra­té­gie. Certes il a ren­con­tré l’échec, avec la carte Jeunes not­tament, mais, il s’est endur­ci. Et garde les pieds sur terre. Les salaires du board, affi­chés dans le rap­port annuel n’ont pa enflé comme ailleurs. Il n’est plus pro­prié­taire que du dixième du groupe qu’il a créé, mais il a su s’adosser à un lea­der mon­dial, le Britannique WPP pour être à l’abri des mau­vaises sur­prises. Et High Co est une des rares valeurs du Nouveau mar­ché qui soit recom­man­dée par les inves­tis­seurs. Le jeune homme aixois conti­nue sa route, après avoir pris pied en Angleterre avec l’agence Haygarth, il sera bien­tôt en Allemagne. High Co ambi­tionne de deve­nir « le lea­der euro­péen du mar­ke­ting ser­vice en Europe ». Puisqu’il le dit…

Christian Apothéloz