Le journaliste : portraits

Joseph Perez, homme de l’année 2001 du Nouvel économiste

par | 01 juin 2020

En 2001, avec un jury de jour­na­liste, nous éli­sions Joseph Perez, pré­sident du direc­toire de la Société mar­seillaise de cré­dit (SMC), homme de l’année du Nouvel économiste.

Joseph Perez, homme de l’année 2001 du Nouvel économiste
Légende Joseph Perez, pré­sident du direc­toire de la Société mar­seillaise de cré­dit (SMC) et pré­sident de Finances Méditerranée.

Pourquoi donner un prix à Joseph Perez ?

Peut-être parce que dans l’histoire de la banque fran­çaise, il a réa­li­sé un par­cours unique. Il est le seul à avoir suc­cé­dé deux fois à deux P.-D.G. suc­ces­sif dans deux banques dif­fé­rentes et dans l’ordre. Et ces deux pré­dé­ces­seurs étaient tous les deux, des proches de deux pré­si­dents de la République. Ça ne s’invente pas.
L’histoire éco­no­mique a par­fois de l’humour. Mais ce n’est pas un prix d’humour que nous avons décer­né.
Joseph Perez est un des rares nomi­nés à avoir fait l’unanimité du jury dès que son nom a été pro­non­cé. Je crois que seul Marc Lassus s’était impo­sé avec une telle évi­dence.
Nous appré­cions chez lui, outre son accueil tou­jours cha­leu­reux, son pro­fes­sion­na­lisme et sa fran­chise.
Avouons que l’on nous a beau­coup racon­té d’histoires dans les murs de la rue Paradis. La SMC était en bonne san­té, puis elle devait se redres­ser dans les six mois, puis dans les six mois sui­vants, etc.… puis elle fut condam­née.
Joseph Perez fut plus pru­dent et il a pu nous annon­cer chiffres en main, il y a quinze jours, que la banque mar­seillaise avait retrou­vé son mil­liard de PNB et com­men­çait à déga­ger de petits bénéfices.

FM Beyrouth Symposium 2006 3
Joseph Perez au sym­po­sium Finances Mediterranée à Beyrouth en 2006.

Cette franchise fait partie de son métier de banquier

Et pour­tant, lors­qu’il a son diplôme de droit, à Lyon, il rêve de deve­nir avo­cat ou jour­na­liste. Il entre­ra au CCF et y fera toute sa car­rière à Lyon, Grenoble, Paris, et Avignon où il reprend les rênes de la banque Chaix en 1990. Nationalisée, puis pri­va­ti­sée, l’établissement avi­gnon­nais a besoin de retrou­ver ses valeurs. Joseph Perez effec­tue un redres­se­ment remar­quable.
En s’appuyant sur les hommes, en nota­bi­li­sant ses chefs d’agences, en par­ti­ci­pant à la vie locale, en s’engageant pour l’emploi dans les grou­pe­ments d’employeurs, en s’engageant pour le Grand Avignon.
La petite banque Chaix devient la plus ren­table des banques de la région.
Parce qu’il accorde plus d’importance à la rela­tion avec le client qu’aux per­for­mances tech­niques, il suit le dos­sier de la SMC et incite le CCF à se por­ter can­di­dat à la reprise. Son diag­nos­tic est clair : « Il y a un nom, un réseau, un fonds de com­merce, une clien­tèle d’une rare fidé­li­té. ». Et par un concours de cir­cons­tances inat­ten­du, la SMC revient au CCF.
La banque pho­céenne est alors dans une situa­tion dra­ma­tique. Les experts pro­mettent un mil­lier de licen­cie­ments pour la remettre à flot.

joseph perez Finances Med BPPC seminaire 2005

Joseph Perez applique la méthode Perez

n dis­cours de véri­té : la banque ne peut conti­nuer comme avant, mais sur­tout un pari sur les hommes. Le redres­se­ment de la SMC sera le fruit des sala­riés de la SMC. Toute la banque est réor­ga­ni­sée, ser­vice par ser­vice, avec des méthodes, et une prio­ri­té : com­ment appor­ter un meilleur ser­vice au client. Et un par­ti pris : « faire avec les gens en place ». Il fau­dra en fait deux ans pour remettre la banque sur ses rails avec un plan qui a coû­té 290 MF et 25 % de baisse des effec­tifs. Mais le résul­tat est là. Le réseau a retrou­vé sa ren­ta­bi­li­té. La méthode Perez marche. Au fait, c’est quoi cette méthode ? Lui répond « La rigueur et l’exemplarité ».
J’ajouterai l’art et le goût de par­ler, et de par­ler vrai, un sens de l’oral qu’il doit cer­tai­ne­ment à ses ori­gines médi­ter­ra­néennes.
Notre homme de l’année est un anda­lou né quelque part près d’Oran, il est deve­nu un vrai marseillais.

Lire l’ar­ticle de Christian Apothéloz paru dans le Nouvel Economiste en mars 2001

Article dans sa ver­sion envoyée au Nouvel éco­no­miste en mars 2001.

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