Interviews

En six livres, Bruno Étienne nous propose un parcours à travers les religions de France. Une approche inédite, non des dogmes, mais des pratiques religieuses protestantes, catholiques, musulmanes, juives, orthodoxes et bouddhistes. Entretien avec ce professeur aixois, enseignant à sciences po., fondateur de l’Observatoire du religieux.

Vous revendiquez souvent haut et fort votre appartenance au protestantisme…

Je suis un vieux parpaillot, un calviniste, je crois en une seule chose, la grâce. Mais je n’ai aucune pratique religieuse.

Pourquoi cette série de livres et pourquoi cette attention aux religions ?

J’ai peut-être voulu comprendre pourquoi ma génération s’est trompée en tout. Nous sommes des frustrés de l’universalisme face au spectacle de citoyens qui revendiquent le droit à la différence. Nous avons à domicile la différence que nous défendions ailleurs. L’Orient campe à domicile.

La France catholique, dites-vous disparaît, avec l’émergence de grandes “minorités” protestantes, bouddhistes, orthodoxes, et 2 à 3 millions de musulmans…

On a une France qui me plaît de plus en plus, c’est le multiple qui est au travail. Je veux bien être monothéiste, à condition qu’on soit plusieurs. Plus personne ne peut ignorer la religion de l’autre. L’obligation de cohabitation empêche que l’autre devienne un ennemi à abattre. On peut être meilleur dans sa propre identité en tirant parti des autres. Il faut regarder l’autre différencié.

C’est le retour du religieux qui vous interpelle…

Ce que nous constatons, n’est pas un retour du religieux. Il n’y a pas de renouveau théologique ou d’offensive du religieux, mais un retour au religieux des déçus de la modernité. Ces mouvements pointent un vide, un déficit politique et moral, massif et cruel.
Avant de donner des réponses aux questions métaphysiques, il nous a paru utile de faire le point de l’état religieux de la France, un état de toutes les “modalités de croire”.

Et pourtant ces religions sont en perte d’identité…

Nous constatons que les Français bricolent dans le champs religieux. Il y a une coupure entre les institutions ecclésiastiques et les gens qui négocient leur ordre moral. L’individualisme forcené de notre société a provoqué une demande peu gérable de religion à la carte, voire de croyances puisées dans un bric-à-brac disparate.

Les Protestants sont-ils en position de répondre à cette attente ?

Les gens veulent du sacré. Ils veulent du rituel. Or, une partie des Protestants est devenue un dinner’s club. Le protestantisme doit reproposer du sacré.

Cette remontée des religions pose problème à notre pays, particulièrement l’affirmation de l’Islam…

La France jacobine et républicaine, ne gère pas le cultuel comme les 15 autres pays européens. Le juge européen nous alignera-t-il sur le régime concordataire alsacien ? Pourquoi a-t-il fallu 17 arrêts en Conseil d’État sur le voile à l’école pour faire respecter la loi ?
On a mis trois siècles, jusqu’à la loi de 1905 pour réguler le “problème protestant”. Pourquoi le problème musulman se réglerait-il en un jour ?

La série pilotée par Bruno Étienne aux éditions Hachette se présente selon le même plan :
Présentation de la religion, rythme de la vie, calendrier annuel, au fil des jours : prières, interdits alimentaires, sexualité…, r eprésentation institutionnelle.

  • Être protestant en France aujourd’hui par Jeanne-Hélène Kaltenbach
  • Être bouddhiste en France aujourd’hui par Bruno Étienne et Raphaël Liogier
  • Être catholique en France aujourd’hui par Sophie Sahakian-Marcellin et Franck Frégosi
  • Être juif en France aujourd’hui par Michèle Bitton et Lionel Panafit
  • Être musulman en France aujourd’hui par Jocelyne Cesari
  • Être orthodoxe en France aujourd’hui.

 

> Juin 2003. Edmonde Charles Roux Defferre : "Defferre, le Protestant ?".

> Mars 2002. Alain Fourest, fondateur de Rencontres Tsiganes.

> Janvier 2002. Philippe Schmid : "religions avec un "s""

> Novembre 2000. Jean Pierre Nigoghossian : Nous sommes trop souvent dans le bras de fer…

> Mai 2000. Jacques Donabédian : La mémoire contre la raison d’État.

> Janvier 2000. Daniel Carrière

> Janvier 1999. Bernard Granjon : Un French doctor,sans bluff et sans complexe.

> Décembre 1998. Christian Bruschi, juriste : "L’esclavage a fait la richesse de la France"

> Mai 1998. Henry Espérandieu : Comment un protestant a-t-il pu inventer Notre Dame de la Garde ?

> Septembre 1997. Emile Témine, "Quand líétranger devient marseillais".

> Mai 1997. Bruno Etienne.

> Septembre 1993. Henry Roux-Alezais, président de la CCIMP : « Les chefs d'entreprises sont plus des loups que des chiens ».

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