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Septembre
2000
Portrait de Christian Apothéloz paru dans
Echanges
J’ai
retrouvé le protestantisme
avec bonheur…
À 50 ans, Christian Apothéloz est
à l’heure des questionnements. Jeune grand père
de quelques semaines, journaliste économique reconnu, il
est tenaillé par le sens de la vie, de sa vie. Jeune il
a baigné dans le protestantisme : école du
dimanche, éclaireurs, cercle de jeunes, il était
très engagé dans sa paroisse de Dole dans le Jura.
Emporté dans le mouvement de 68, il largue les amarres,
vient en Provence et abandonne toute référence à
la foi. Une absence de 25 ans. Crise de convictions politiques,
bouleversements de sa vie familiale l’interpellent sa quarantaine.
« Je crois que Dieu m’a ménagé
un chemin de retour vers l’Église »,
dit-il. Des jalons qui prennent sens. « J’ai
retrouvé le protestantisme avec bonheur, d’abord
parce j’avais « oublié » combien
ma formation réformée m’avait influencé,
ensuite parce que la quête difficile, hésitante,
fuyante et attirante de la relation à Dieu est source de
plénitude. »
Il n’est pourtant pas devenu un pilier de paroisse. Trop
mobile, trop indépendant, il s’engage pour moderniser
Échanges avec Joël Baumann, pour organiser le rassemblement
régional des Protestants ou pour créer le café
théologique de Marseille, le pastis de Théo. Critique,
perpétuellement critique, il n’accepte pas que les
Protestants se reposent sur leurs lauriers et s’enferment. « Les organisations ont toujours tendance à
fonctionner pour elles-mêmes, plaide-t-il. L’Évangile,
c’est un appel à se laisser remettre en cause par
l’autre. Encore faut-il lui permettre d’entrer ».
Et pour lui, ces 50 ans sont le temps des engagements. Avec l’association
3CI, il aide les jeunes des quartiers à créer leurs
entreprises. La politique de terrain le démange. « On
ne peut pas toujours se plaindre de la faiblesse de nos politiques
sans se salir les mains, argumente-t-il. Mais l’éthique
doit rester le premier critère de toute action ». Et c’est à Pomeyrol qu’il se réfugie
pour entendre dans le silence des offices « ce
que Dieu attend de lui ». |