Enquêtes-reportages

Juillet 1993 - Le Nouvel économiste

Port : la guerre des nerfs

Découragement sur le port de Marseille. alors que l’on croyait la réforme bien partie, les dockers ont repris le harcèlement.

Les professionnels du port ne savent plus à quel saint se vouer. Pendant des mois, ils ont attendu la mise en place de la réforme, ils se sont battus pour financer un plan social des plus coûteux, ils ont fait concessions sur concessions pour obtenir la paix sociale. Et la guérilla portuaire est toujours là. Grève nationale pour la convention collective, conflit local pour tout et pour rien. “Quand nous résolvons quatre problèmes, se plaint le président de la chambre de commerce qui joue les « Monsieur bons offices » une fois par semaine, il en sort quarante. C’est un harcèlement permanent”. La CGT entend tout simplement faire la démonstration que la loi est inapplicable et par le biais de la convention fait tout pour revenir à l’ancien statut, y compris le monopole syndical ou l’embauche préférentielle des fils de dockers. La période estivale offre un terrain de choix. Non planifiés, la réforme date de mai, les congés désorganisent les quais. Avec un peu de mauvaise volonté, rien ne va plus et certains navires ont déjà dû rebrousser chemin. Il manque 200 manutentionnaires pour tenir. Pas question pour la CGT de les laisser normalement embaucher en CDD (à 15 000 F/mois !) par les entreprises, il faut passer par le BCMO, le bureau central de la main-d’œuvre. Retour pernicieux à la case départ que les acconiers refusent. Plutôt perdre des trafics que de revenir en arrière. Ils étudient discrètement la possibilité de se passer de personnels supplémentaires. Pour éviter un été chaud, au moment où les chiffres du trafic mensuel dénotent un frémissement, en particulier sur les conteneurs.
« Il faudra, si ça ne s’arrange pas que l’État intervienne, avoue déçu Raymond Vidil, patron de Marfret. La loi est votée, nous avons fait ce qui nous revenait. Il faut maintenant appliquer les textes ». L’heure est à la fermeté, côté patronal, pas encore à l’affrontement. Mais la tension monte. La Sncm, la Société nationale Corse Méditerranée menace de rabattre ses trafics corses vers Toulon. 500 000 personnes par an au bas mot. Un ras-le-bol qu’explique Patrick Berrest, président de l’Union maritime et fluviale et président de Sud Cargos : “Les trafics passagers sont très sensibles à la fiabilité d’un port. On ne peut pas travailler sans savoir chaque matin si les centaines de passagers qui comptent sur vous, vont pouvoir embarquer.” La CGT est là en conflit pour imposer des dockers à bord des navires alors qu’ils sont loin d’être indispensables.
Philosophe, le directeur du Port, François Perdrizet, espère résoudre les problèmes “les uns après les autres. Une réforme comme celle-là ne peut se réaliser en un jour”. Un optimisme raisonné que partagent les promoteurs d’une association nouvelle, “Marseille Europort”. Elle rassemble, pour la première fois dans une seule structure, le port, les professionnels à travers l’Union maritime et la Chambre de commerce. Objectifs : parler d’une seule voix, coordonner les efforts de promotion des trois partenaires, détecter la demande des armateurs, des importateurs et exportateurs. Si besoin adapter l’offre, tant en services qu’en équipements. Une démarche collective de marketing portuaire en quelque sorte. “Nous n’aurons plus d’excuses si nous échouons, relève le président de cette association, Patrick Berrest. Le port joue le jeu, la chambre est avec nous, nous sommes aux commandes de la promotion. Notre ambition est grande, nous sommes condamnés à réussir.”

Christian Apothéloz


Ecouter le répondeur historique de l'agence Sudreporter
Téléchargez Flash Player pour voir le lecteur.

> Juin 2006. Textile. oui, il fallait craindre le démantèlement des quotas et l’ouverture de l'OMC à la Chine.

> Mai 2006. Alger : trop proche, donc trop loin ?

> Janvier 2006. Accompagner plus et mieux les aventuriers de l’emploi.

> Juin 2005. Pôle de compétitivité : le réveil de la région Provence Alpes Côte d’Azur.

> Mai 2005. Cité euro-méditerranéenne de la mode. Les couleurs du Sud face à l’offensive asiatique.

> Août 2002. Les bons réseaux en Provence-Alpes-Côte d’Azur : place aux jeunes.

> Août 2002. Sous le soleil exactement… l’entreprise.

> Mars 2002. Alcatel space à Cannes, plus qu’une entreprise, une légende.

> Juillet 2001. Saga Provence, Marseille, la Provence telle quelle et autrement.

> Juillet 2001. Avignon : l’envers du « off ».

> Mars 2001. Une ville une entreprise, La mine à Gardanne : objectif production zéro.

> Mars 2001. Une ville une entreprise, Rousset Atmel et ST Microelectronics.

> Mars 2001. Avec le TGV, une nouvelle eurorégion ?

> Mars 2001, Prix de l'initiative locale. Correns (Var). la valeur ajoutée du bio.

> Février 2001, Berytech en 2001: premier technopôle arabe du Moyen-Orient.

> Février 2001, Liban : La présence française « laïcisée ».

> Mars 2000, dossier. À Marseille, la Méditerranée est une évidence.

> Janvier 2000. Société marseillaise de crédit, une privatisation en douceur… et fermeté

> Avril 1999. Nice, Marseille, un fauteuil pour deux ?

> Avril 1999. Nice/Marseille : la guerre des tourismes.

> Janvier 1999. Enquête pour l'Église réformée de France parue dans le livre "La tentation de l’extrême droite". Paru en mai 2000, Editions Les bergers et les mages.

> Mars 1998. Marseille, Enquête agroalimentaire. Quand l’agroalimentaire devient un art… culinaire.

> Mars 1998. Médiapôle Saint Césaire. la maison des « cartoon »

> Mars 1998. Sophia reste la locomotive de la Côte d’Azur.

> Février 1998. Paca, Le pari technologique, douze ans après.

> Juin 1997. Il était une fois… Rousset la capitale française de la micro-électronique.

> Novembre 1996. Le groupe Hachette annonce le lancement du nouveau quotidien “La Provence”  ou  Le deuxième enterrement de Gaston Defferre.

> Juillet 1996. Fraude nigériane : comment blanchir les dollars ?

> Juin 1996. Le pizzaïolo, intégrateur social.

> Janvier 1996. Marseille, les soleils de la planète rap.

>Décembre 1995. Circuit Paul Ricard

> Mai 1995. Les 25 ans de Sophia-Antipolis, carrefour virtuel du savoir.

>Février 1995. Le projet de l'année, Euroméditerranée, projet centenaire.

> Février 1995. Marseille, élections municipales en vue, l'heure de Gaudin ?

> Mai 1994. Marseille sur Méditerranée cherche sa voie au Sud.

> Mars 1994. Fos, du mirage à la gestion

> Novembre 1993. Combat de titans autour d’une poubelle

> Octobre 1993. Dossier Marseille sort de sa torpeur.

> Septembre 1993. Marseille : ouverture du premier tunnel urbain à péage… et plan de circulation.

> Septembre 1993. Une issue à la énième crise de Sud Marine ?

> Septembre 1993. L'étang de Berre, de plan en plan.

> Septembre 1993. Marseille : Accor mélange ses étoiles.

> Septembre 1993. Marseille : Tapie rebondira-t-il ?

> Septembre 1993. Marseille : SOS Aménagement, le TGV se traîne.

> Aout 1993: Le Port désespère Marseille.

> Juillet 1993. En finir avec la décharge d’Entressen ?

> Juillet 1993. Marseille, La Canebière fait peau neuve

> Juillet 1993. Chambre régionale des comptes de Provence Alpes Côte d’Azur : Alain Seyriex remet les comptes à zéro.

> Juillet 1993. Port, la guerre des nerfs.

> Juillet 1993. Métropole, Zinzins unissez-vous !

> Juillet 1993. Marseille, indépendance ?

> Juin 1993. Fos-sur-Mer, 20 ans après.

> Juin 1993. Gardanne : l'impossible reconversion ?

> Juin 1993. Sous-traitance et dépendance ou la tragédie du monoclient.

> Juin 1993. Marseille veut offrir une vitrine à sa recherche médicale, une Villa Hippocrate.

> Juillet 1992. Sur les traces du Marquis de Sade en Provence, de Saumane à Marseille

> La tradition protestante à Marseille : 450 ans d’histoire.

Christian Apothéloz - 18, allées Léon Gambetta - 13001 Marseille - Contact
Graphisme : Design in situ/Le Z Graphic - Réalisation : Sitweb Concept