Enquêtes-reportages

Juillet 1993. Le Nouvel économiste

Marseille :
La Canebière fait peau neuve

Symptôme de tous les maux de la ville, la très symbolique Canebière soigne ses plaies. Les chantiers de l’été devraient lui redonner vie, si les Marseillais décident d’y revenir.

C’est au milieu de la Canebière qu’un des chantiers les plus significatifs du Plan Canebière s’achève. Le Cours Saint Louis, en prolongement du Cours Belsunce s’est élargi. Les magasins ont comme partout ailleurs dû abattre leurs marquises, les baraques à frites sont rasées et même Toinou, l'écailleur le plus célèbre de Marseille a plié son échoppe. Avec les traditionnels fleuristes, il retrouvera à la rentrée une boutique réaménagée et moderne. Mais le piéton sera le vrai gagnant. De haute lutte. François Siouffi, conseiller municipal chargé de la voirie a dû mener de longues négociations avec les commerces et bars riverains, pour obtenir un consensus et casser des années de laisser-aller.
À l’angle, le commerçant Muriel a enfin décidé de céder son bail. Par accord avec l’Assistance publique, propriétaire des murs et la mairie, le Centre de communication et d’exposition de la ville attaque ses travaux dans quelques jours. Le service de communication de la ville viendra s’y installer et exposera en rez-de-chaussée les grands projets du maire.
Fin août, les appels d’offres seront lancés pour réhabiliter l’immeuble dit ”Prisunic” qui accueillera l’Institut universitaire de formation des maîtres. La ville a fait l’acquisition des étages (5000 m2) et elle devra sortir seule de son escarcelle les 45 MF de travaux destinés à recevoir quotidiennement plus de 1000 étudiants. Lucien Weygand et Jean-Claude Gaudin ont en effet refusé d’apporter l’argent du département et de la région à ce coup de jeunesse. En rez-de-chaussée, la Chambre de commerce pourrait prendre possession des lieux pour en faire une vitrine technologique et scientifique des entreprises et labos régionaux.
Plus bas, avant le palais de la Bourse, l’Institut international de la mode, managé par Marilyne Vigouroux a terminé son gros œuvre. L’immeuble Armand Thierry, rénové par l’architecte Jean-Michel Wilmotte, s’ouvrira sur un espace mode, avec exposition, la collection Chanel notamment, cédée par Edmonde Charles Roux, ateliers de stylistes, leu de rencontre des professionnels du textile… Inauguration prévue en décembre. Le parking en face a repris ses travaux après une pause archéologique qui a permis aux historiens de retrouver les traces de la ville moyenâgeuse. Même les cinémas pornographiques vont fermer. Le propriétaire accepte de reconvertir ses salles (4000 m2). Le montage est bouclé, dit-on en mairie. Une étude de fréquentation potentielle est en cours. Le Centre national du cinéma devrait donner en septembre sa réponse aux demandes d’aides pour les salles d’art et d’essai. Seul grand chantier en panne, les complexes cinématographiques du haut de la Canebière à l’abandon ou en déclin qui laissent 97 mètres de façades, 7800 m2 de surfaces à aménager. Chargeurs réunis, propriétaire de l’ensemble, attend des jours meilleurs pour valoriser son patrimoine. Surface commerciale, ensemble culturel, complexe cinéma, tout dépend de Jérôme Seydoux.
Depuis 1986, la municipalité met en œuvre une politique de revitalisation du centre ville. Le plan Canebière, conçu par Loïc Fauchon, alors directeur de la Mission centre ville, rassemble une ensemble de dispositions très diverses avec une ambition : « Vitrine à la fin du XIX° siècle de la société marchande, la Canebière devrait devenir la vitrine du Marseille du XXI° siècle, d’une économie technique et scientifique en développement, d’une effervescence commerciale et culturelle ». Étapes par étapes, finances obligent, le plan se réalise et Robert Vigouroux aura d’ici 1995 plusieurs opérations significatives à inaugurer. Mais, ce sont les Marseillais qui voteront avec leurs pieds pour ou contre cette réhabilitation. Pour l’instant, les riverains se font tirer l’oreille pour illuminer leur façade comme le souhaiterait François Siouffi, les commerçants ont du mal à penser Marseille comme une grande ville populaire, ils rêvent d’une clientèle aixoise ou cannoise, et les habitants des quartiers nord, comme des quartiers sud n’en ont pas encore fait le lieu où Marseille se réconcilierait avec elle-même.

Christian Apothéloz


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